Propos de Avoko Rakotoarijaona, dirigeant du groupe Kung Fu Wisa lors d’un débat télévisé : « Les chefs des journalistes qui disent se battre pour la liberté de presse sont en fait payés. Nous pouvons en apporter la preuve si besoin est… ». On voudrait bien jeter un coup d’œil sur ces preuves, il s’agit certainement de reçus bidon montés de toutes pièces…
Un autre passage de l’intervention de ce personnage excentrique : « Nous voulons former au kung fu les populations rurales afin qu’elles puissent s’opposer aux actions des dahalo… ». On voudrait voir également cette méthode de combat si percutante. Un radotage certainement car les gendarmes et les militaires armés meurent en nombre quand ils sont confrontés aux dahalo. Que dire alors des paysans aux mains nues ?
En tout cas, Avoko Rakotoarijaona fait du kung fu alimentaire, et agit selon les directives du régime. On a affaire à une girouette en action qui a beaucoup zigzagué dans sa courte carrière politique. A ses débuts, l’homme s’est lancé dans la chanson de variétés dans un groupe dénommé Rizah. La tentative ayant échoué, il a démarré les arts martiaux alimentaires en se mettant au service du régime de l’amiral Ratsiraka (1997-2002). C’est pourtant le même régime, en 1985, qui a exterminé les kung fu lors d’une attaque nocturne par l’Armée. Lors de cet assaut, Pierre Be, le père de Avoko a péri… La contrepartie de ce revirement scandaleux de 1997: le jeune Avoko fut envoyé en stage en Chine, au fameux temple de Shaolin. Rappelons qu’ayant voulu se présenter à l’élection présidentielle de 2013, Avoko ne trouva pas les financements nécessaires et se mit à soutenir le candidat Sylvain Rabetsaroana. Une illustration supplémentaire de la tendance au retournement de veste du personnage. Le 31 juillet prochain sera commémoré l’anniversaire de l’assaut meurtrier contre les camps des Kung Fu dans la capitale. Nous commenterons pour vous la manière dont ce triste individu va « honorer » la mémoire de son père.
- R.