Têtu. Oui, c'est sans doute le nouvel attribut qu'on peut donner au régime Rajaonarimampianina. Apres le code de communication qu'il a fait adopter coûte que coûte, voilà que le pouvoir actuel veut récidiver avec le code minier.
Des mois durant, les experts du pays n'ont eu de cesse d'alerter les pouvoirs publics et l'opinion sur les dangers de la refonte du code miner dans le contexte actuel. On croyait que le remplacement du ministre en charge des Mines était une réponse à ces alertes sinon ces récriminations. Sur sa lancée, la Chambre des Mines de Madagascar prend le relais en publiant un communiqué puis en envoyant une lettre au président de la République lui demandant de :
- Surseoir à l’examen et à la promulgation d’un nouveau code minier,
- Accélérer et cibler la délivrance de permis minier.
Hier pourtant, le secteur a été secoué par des rumeurs selon lesquelles le ministère de tutelle serait décidé à soumettre au Parlement le nouveau code minier durant la prochaine session qui se tiendra dans 3 mois. Est-la réponse du chef de l'Etat aux professionnels du secteur? S'agit-il d'un ballon sonde?
Toujours est-il qu'une fois encore, nos dirigeants ne comprennent pas les enjeux. Ils veulent faire augmenter la part de richesses revenant au pays. C'est on ne peut plus légitime. Cependant dans une situation marquée par la chute vertigineuse des prix des produits miniers, la révision à la hausse des parts revenant au pays telle que le prévoit le nouveau code nous éloigne des investisseurs quelles que soient nos potentialités. Ce régime qui est pourtant truffé d'économistes, oublient le rôle du capital. Sans les investissements étrangers, le nickel d'Ambatovy et l'illménite de QMM seraient respectivement restés de la terre rouge et du sable noir pour l'éternité.
Il en est des terres rares et des pierres précieuses. Or dans le nouveau code, les petites mines sont réservées exclusivement aux nationaux. Les petites mines sont les investissements inférieurs ou égaux à 3 millions de dollars. Les Malgaches disposant d'un seul million se comptent cependant sur les doigts de la main et ce n'est pas demain qu'ils pourront compter sur le crédit bancaire avec le système actuel. Bref, le secteur national minier est pratiquement inexistant alors que si le nouveau code minier est adopté tous les investisseurs étrangers opérant sans ce segment devraient être expulsés de facto. Du même coup, ce sont des dizaines de millions de dollars en moins dans les caisses de l'Etat qui n'a pas non plus compris que les maisons qui poussent comme des champignons et les véhicules qui inondent nos rues, ne tombent pas du ciel mais en sont pour la plupart la matérialisation de nos petites pierres.
Et dire que c'est par populisme que le pouvoir actuel veut remanier le code minier, un nouveau texte qui promet davantage de pauvreté pour la population. Est-ce l'objectif?
Sa