Promesses des bailleurs: Le principe de réalité

Le régime a annoncé avec tambours et trompettes que Madagascar allait bientôt crouler sous les milliards de dollars d’investissements. Dans les faits, il y a loin de la coupe aux lèvres. Comme il fallait s’y attendre, les bailleurs de fonds posent des conditions draconiennes. Celles qui accentuent les difficultés au quotidien de la population sont discutables. Par contre, celles qui imposent une bonne gouvernance à nos dirigeants sont amplement justifiées. Les milliards de dollars ont été promis sur la base de projets solides et de garanties sérieuses. Si les projets solides ont tardé à voir le jour, c’est parce que le régime a perdu du temps à tuer les revendications populaires légitimes et sa réputation a été remise en cause par des scandales financiers et des fautes politiques à répétition. Pour ces motifs et bien d’autres, la crédibilité du régime sera plus difficile à restaurer que l’ordre constitutionnel. Pris à la gorge et confronté au principe de réalité, le régime n’est pas en position de tenir tête aux bailleurs qui ne vont pas se gêner pour s’immiscer dans les affaires internes malgaches. Nos dirigeants prétendent que la Grande Ile est souveraine dans ses décisions mais il s’agit d’une posture d’orgueil pour ne pas perdre la face. Hier comme aujourd’hui, les bailleurs auront assurément leur mot à dire lors du prochain remaniement ministériel car ils ne peuvent pas confier des sommes colossales, soutirées auprès de leurs contribuables, à un groupement de comiques et de voleurs de poules. Même si les bailleurs n’ont aucune morale, ils doivent faire semblant de se raccrocher à un semblant d’éthique. C’est la règle du jeu. Ils doivent prendre des précautions en amont et assurer le suivi de l’utilisation appropriée des fonds.

La fin de la récréation a donc sonné pour le Chef de l’Etat malgache qui va devoir privilégier la compétence et l’expérience, au risque de se séparer de certains compagnons de la première heure qui n’ont pas fait leurs preuves. Le bon sens et l’intérêt général exigent que le Chef de l’Etat fasse le ménage dans son entourage composé en majorité de dilettantes. Pourra-t-il le faire ? La purge en haut lieu, jusqu’ici nécessaire, est devenue urgente, pour permettre le déblocage des financements. Certains ministres et conseillers spéciaux paniquent déjà à la perspective d’être sacrifiés sur l’autel de la raison d’Etat. Ils ont tellement peur de retomber dans l’anonymat et de mordre la poussière. Comme à l’accoutumée, il faudra inventer des postes à celles et ceux qui ne seront pas nommés ambassadeurs ou consuls et ce, afin de limiter les frustrations et les jalousies.

Folojaona

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