Elevage de porcs: Des difficultés pour l’alimentation

Ce problème se pose notamment pour l’élevage de porcs de race autochtone. Il s’explique par la rareté du son, un des aliments de base de cette race. Dans des localités de la périphérie de la capitale, le prix du son augmente dans la mesure où l’offre ne suit pas la demande. Cette hausse doublée de la rareté de cet intrant ne facilite pas la tâche aux éleveurs. Si certains peuvent se permettre d’élever des porcs de race introduite et plus rentables, d’autres non. Les races de bon rendement coûtent chères parce qu’un porcelet de quelques semaines s’achète à partir de 150 000 Ar. C’est l’équivalent de 25 jours de revenu d’un pauvre. L’élevage à cycle court incluant l’élevage de porcs est pourtant une des activités économiques qui pourrait aider à lutter contre la pauvreté. Seulement, il faut un certain capital pour démarrer dans ce secteur, rien que pour se constituer un petit cheptel. Pour la frange de la population pauvre, c’est-à-dire les 92% des Malagasy, disposer d’un tel capital relève de l’impossible car déjà, elle n’a pas suffisamment de quoi se mettre sous la dent. Il n’existe aucun mécanisme solide pour l’insertion économique des pauvres. Si la microfinance peut se présenter comme une solution en matière de financement, la gestion et tout ce qui tourne autour de l’entrepreneuriat ne bénéficient d’aucun encadrement. Des projets de développement s’y mettent mais ils ne couvrent qu’une infime partie du territoire et le cycle des projets se limite sur quelques années.

L’élevage de porcs fait d’ailleurs partie des filières qui n’attirent pas les bailleurs de fonds. Et des éleveurs conduisent leur élevage comme ils l’entendent. D’où la polémique sur l’introduction de pilules contraceptives pour les femmes dans l’alimentation des truies. Cette injection aurait des effets néfastes sur la santé humaine. Déjà en 2014, des analyses effectuées dans plusieurs régions du pays ont révélé la présence de résidus d’hormones dans 32% de viande de porc. Les problèmes actuels portant sur l’alimentation des porcs pourraient toutefois inciter encore plus des éleveurs à recourir à ces pilules. Le contrôle n’est pourtant pas le fort des autorités. Il est pratiqué de manière sporadique et parfois tape-à-l’œil. Il n’y a qu’à observer de nombreux marchés de quartier de la capitale qui proposent de la viande non contrôlée. Et l’on ne parle pas de la situation dans les petites et moyennes localités. Ce n’est donc pas étonnant si à un certain moment, la cysticercose s’est beaucoup répandue. Cette maladie humaine provoquée, entre autres, par de la viande de porc impropre à la consommation, peut toutefois tuer ou rendre fou.

Mais si l’élevage de porcs traverse maintenant des problèmes, le pire est à venir. Car il faut savoir que le son, un résidu du paddy, pourrait encore être encore plus rare pour la saison rizicole de 2017-2018. Comme quoi, les retards des pluies auront des effets multidimensionnels. Ils pourraient affecter un peu plus la sécurité alimentaire, mais ils auraient aussi des impacts négatifs sur l’élevage de porcs. Par la même occasion, la raréfaction de la pluie risque fort d’aggraver la pauvreté à Madagascar, d’autant plus que 78% de la population active sont dans le milieu rural. Cette forte proportion exerce des activités agricoles incluant l’élevage.

Fanjanarivo 

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