Croissance économique: Plus élevée qu’en Afrique mais anti-pauvre

2,9%. C’est le taux de croissance attendu pour la région de l’Afrique subsaharienne pour cette année 2017, d’après les récentes perspectives publiées par la Banque mondiale. Le FMI est du même avis que cette institution en tablant sur le même taux en octobre dernier. A Madagascar, le taux prévu pour cette année est de 4,5%. Le pays devrait donc enregistrer 1,6% de plus que le reste de la région. Il faut toutefois signaler que même supérieure à la croissance démographique (2,8% par an), la croissance économique n’est pas encore pro-pauvre sur la Grande Ile. La société civile a évoqué la toute petite augmentation de 1% des dépenses sociales pour 2017. Or, la population pauvre est d’une telle proportion (92%) que des actions sociales devraient être initiées en grand nombre pour couvrir le maximum de ménages. L’idée est de les aider à accéder aux services sociaux de base comme l’éducation, la santé. En réalité, des projets sont en cours dans ces deux domaines. L’un porte sur le transfert monétaire pour aider les parents à retenir leurs enfants à l’école et l’autre concerne la couverture de santé universelle. Ces projets ont besoin d’être disséminés dans tout le pays. Ce qui exige des autorités concernées de ne pas dépendre de manière quasi-totale des bailleurs de fonds pour leur réalisation. Une stratégie efficace est donc nécessaire.

Par ailleurs, la croissance de cette année sera essentiellement portée par le secteur secondaire et plus particulièrement par les entreprises franches, la filière bois, l’industrie agroalimentaire. Comme quoi, la principale composante de la démographie risque d’être écartée du partage des fruits de la croissance. Il s’agit des paysans qui constituent pourtant 78% de la population active et 80% de la population dans son ensemble. Si une croissance de 2,8% est attendue dans le secteur primaire, elle sera loin d’être inclusive dans le sens où ce taux correspond à peine à la croissance démographique. De plus, les retards des pluies risquent fort d’amener à une forte révision à la baisse de la croissance dans le secteur agricole. En attendant, signalons que la prévision s’appuie sur    la réalisation de grands projets de réhabilitation du système d’irrigation et  de  gestion  des  bassins  versants  dans  le  Sud-ouest  du  lac  Alaotra  ou  d’extension  de  périmètre dans le Bas Mangoky. Ces localisations écartent d’office une certaine amélioration dans les autres zones de production, qu’il y ait ou non des problèmes de pluviométrie. Parler de croissance inclusive et donc pro-pauvre relève ainsi de l’utopie. On peut d’ailleurs s’en convaincre en jetant un œil sur les conditions de vie des ruraux mais aussi sur celles des citadins.

Seule une petite fraction de la population peut se permettre de mener une vie aisé, voire luxueuse ou royale. Les membres de cette catégorie se comptent parmi les dirigeants politiques, les chefs d’institution, les proches et amis intégrés dans le cercle du pouvoir politique… La présence de cette catégorie face à la grande masse de pauvres ne fait que révéler les grandes inégalités socioéconomiques qui affectent Madagascar. En Afrique subsaharienne, même si la croissance est inférieure à celle de Madagascar, la classe moyenne émerge depuis des décennies et atténue l’écart entre les pauvres et les riches.

Fanjanarivo   

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