Ressources en eaux: Devenues rares dans un pays riche en eaux souterraines !
3% des ressources en eaux douces exploitables le sont effectivement à Madagascar, d’après les données fournies lors du forum national des acteurs du secteur eau en juin dernier à Tanà. Actuellement, le pays fait toutefois face à un grand retard des pluies. Ce problème compromet la campagne agricole 2016-2017 et fera grimper les prix des produits agricoles pour la prochaine soudure. Pire, il se peut même que la disponibilité en riz et en d’autres produits devienne problématique pour les prochains mois. Ce scénario probable serait le résultat d’un stress hydrique, un des aléas du changement climatique qui affecte plus particulièrement des pays arabes et d’autres régions arides du monde. Mais cette année, Madagascar risque d’en souffrir. Seulement, le pays dispose d’un gros potentiel inexploité. Il s’agit des 13 000 milliards de mètres cubes d’eau souterraine quasi-inexploités si l’on se réfère au taux de 3% évoqué ci-dessus. Il faut y ajouter les eaux des pluies qui se déversent sur une période relativement longue lorsque le changement climatique amène des inondations dans son sillage. Toutefois, toutes ces eaux se perdent dans la nature et dans la mer, alors que l’accès à l’eau potable ne concerne que 43% de la population.
Concernant l’irrigation pour l’agriculture et surtout la riziculture, elle est loin d’être maîtrisée. Or, la riziculture irriguée représente plus de 65% du total. Pour cette campagne rizicole, il est illusoire de compter sur une bonne production à cause du retard des pluies. Un retard qui aurait pu être contourné avec des aménagements hydrauliques comme le captage, le détournement de grands cours d’eau ou encore l’alimentation de lacs artificiels par le pompage d’eaux souterraines, le dessalement d’eaux de mer pour des zones côtières… Ces approches ont été déjà évoquées l’année dernière par une juriste qui s’intéresse aux questions de développement. Ailleurs en effet, les ressources en eau dont la pluie sont considérées comme précieuses. C’est ainsi que des technologies sont développées pour le captage et la conservation des eaux de pluie. Il en est de même pour l’utilisation de l’eau en boucle pour l’irrigation, la consommation et l’électrification. L’objectif est d’exploiter au maximum les ressources existantes tout en les préservant. Il faut noter qu’en Chine par exemple, des grands fleuves sont détournés pour irriguer des zones arides et éloignées de ces cours d’eau.
Quant au dessalement des eaux de mer, des technologies ont été déjà développées, notamment par des pays qui connaissent un stress hydrique. Bref, les approches et technologies pour exploiter les eaux abondantes de Madagascar existent. Seule la vision et la volonté politique font défaut. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur les problèmes récurrents du Sud. Les sécheresses y frappent trois régions, alors que pour l’Androy par exemple, des cours d’eau permanents y coulent. Même au niveau national, les barrages hydro agricoles construits sur les dernières décennies ne touchent qu’une infime partie des réserves en eaux du pays. La plupart des grands aménagements hydrauliques date d’ailleurs de l’époque coloniale. Sinon, les derniers et grands aménagements hydrauliques d’inspiration purement malagasy datent d’Andrianampoinimerina !
Fanjanarivo