De déception en déception…
Quand Onitiana Realy était journaliste, un certain nombre de téléspectateurs l’admiraient ou plutôt admiraient sa franchise et sa perspicacité. Elle avait une façon si particulière de mettre dans l’embarras ses invités sans avoir à aboyer comme d’autres. Depuis qu’elle a emprunté – car cela ne fait que passer et tôt ou tard elle redescendra de son petit nuage – le costume de ministre, elle a perdu l’esprit critique et verse au fond dans ce qu’elle critiquait auparavant. Elle a mis son costume de ministre et se complait dans la mise en scène : descendre dans les bas quartiers de la Capitale lors de la montée de eaux avec ses bottes en cuir, verser des larmes à Ambovombe Androy et tant d’autres mais ne pas trouver déplacé de rouler dans une V8, de toucher des indemnités faramineuses et se remplir la panse à Iavoloha tandis que beaucoup de malgaches meurent de faim. Elle se permet même de dire qu’elle n’est plus journaliste mais politicienne. Lorsqu’on devient politicien, on en perd donc tout esprit critique si l’on en croit les dires d’Onitiana Realy : que dirait-elle aujourd’hui si elle croise “ses invités du zoma à qui elle reprochait le silence et la complaisance?” ; lorsqu’on devient politicien, on en perdrait tout bon sens si l’on en croit les dires de la même Onitiana Realy ; lorsqu’on devient politicien, on perd donc la liberté de dénoncer ce qui ne va pas, on s’accroche à son siège et ses avantages alors même que le mot ” démissionner” existe quand on ne peut pas se faire entendre et qu’on est convaincu que les choses ne vont pas. Lorsqu’on a été journaliste et que l’on devient politicien, on devient donc un lâche qui ferme sa gueule! Onitiana Realy qui brillait par sa perspicacité est devenue insignifiante et comme les ancêtres malgaches étaient dotés de beaucoup plus de perspicacité qu’elle, et pas de la perspicacité de circonstance, l’attitude de l’actuelle ministre de la population permet à beaucoup de mieux comprendre le proverbe ” ny vava no tsy atao be, ny mamerina azy no sarotra” (littéralement il vaut mieux ne pas faire la grande gueule car cela peut se retourner contre soi). On aurait aimé que les grandes théories et les grandes critiques que Onitiana Realy la journaliste portait à l’encontre de ses invités politiciens soient traduites en action une fois qu’elle est devenue politicienne…Et au final, quand elle ne sera plus ministre, osera-t-elle ré-endosser le costume de journaliste et critiquer de nouveau les politiciens? L’avenir nous le dira car si elle semble oublier que tout cela ne fait que passer, la population elle sait que tout cela ne fait que passer!
Claude Rakele
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