Sécheresse: Même les cyclones se font désirer !
«Cyclogenèse, pas cyclogenèse ». C’est ce que l’on peut lire sur l’actualité sur les cyclones dans l’océan Indien. Et cette remarque concerne particulièrement le Sud-ouest de l’océan Indien. Alors que la sécheresse sévit sur les hauts plateaux de Madagascar, la pluie se fait désirer et à plus forte raison les cyclones. En effet, les experts perdent leur latin sur la cyclogenèse ou la formation des cyclones. Depuis plusieurs jours déjà, ils ont suivi les modèles de prévision numérique annonçant une ou des cyclogenèses dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien. Seulement, la situation est jugée très confuse et incertaine. Car si les uns parlent de cyclogenèses, d’autres annoncent qu’il n’y a rien de sérieux à contrôler. Ainsi, les cyclogenèses se jouent aussi des experts et semblent adopter la même ligne de conduite marquée par les incertitudes en ce qui concerne le changement climatique et ce qu’il peut apporter dans son sillage. Le premier groupe d’experts avaient leur regard tourné au nord des Mascareignes depuis plus de 2 semaines et il a parlé de cyclogenèses. Puis, des mouvements ont été enregistrés au nord-est de Madagascar. Par la suite, le signal de cyclogenèse semble diminuer au nord des Mascareignes. Par contre, certains modèles prônent pour une éventuelle formation cyclonique dans le secteur des îles Chagos. Ces changements intempestifs ont de quoi dérouter les experts.
En attendant, les hauts plateaux malagasy souffrent du manque de pluies. A croire que la sécheresse du Sud a migré pour laisser actuellement ce dernier dans l’eau. Car les prévisions météo se sont affirmées exactes concernant le Sud qui subit maintenant des inondations. Mais les dirigeants semblent être incapables de trouver des solutions satisfaisantes pour stocker les eaux et assurer ainsi l’irrigation agricole, l’adduction d’eau potable et d’autres besoins en eaux, notamment en période de sécheresse. Les solutions existent toutefois. L’ingénieur-chercheur en traitement et en stockage d’eau, Thierry Labrosse en a présenté vendredi dernier lors d’une conférence sur le stockage des eaux de pluie. Il s’agit du Réservoir d’eau enterré plein de sable (REEPS) qui consiste à stocker des millions de mètres cubes d’eaux qui viennent de la pluie. Le stockage se fait au niveau de réservoirs de sable enterrés empêchant l’évaporation. Cette solution parmi tant d’autres est intéressante car d’après l’ingénieur, l’on peut récupérer dans le Sud du pays la moitié de l’eau de pluie d’un seul gros orage pour assurer la consommation en eau de tous les Malagasy sur 4 années durant. Cette solution n’a pas besoin de gros investissement et sa durée de vie est dépasse 100 ans.
D’autres solutions existent comme les impluviums en béton mais tout est question de volonté politique. En attendant un sursaut de la part des dirigeants et surtout des autorités concernées, une bonne partie du pays est frappée par la sécheresse. Ce problème aggravera l’insécurité alimentaire et compromettra le développement par la même occasion. Et s’il faut attendre un cyclone hypothétique pour arroser les rizières, même les cyclones se font maintenant désirer.
Fanjanarivo