Prévision de pénurie : les stockages commencent

Suite au manque de pluie et à la canicule qui commence à virer à la panique générale, les gens commencent à faire des stocks de vivre. « Les gens », ce sont surtout ceux qui en ont les moyens. Le riz, le poisson séché, le sel, le sucre, la farine, l’huile, les légumes, le savon, l’eau minérale, les légumineux, etc. Tout est en train de se vendre en grande quantité. Profitant de cette occasion en or, les commerçants ont augmenté les prix, et pas qu’un peu. La sècheresse ne touche pas seulement la capitale mais également toutes les régions du centre, du Nord et du Nord-Est de la Grande île. Cela aura de très mauvaises conséquences sur les productions agricoles et sur l’élevage. La production de riz, source d’alimentation principale des malgaches, risque de diminuer considérablement en quantité comme en qualité. Il n’a pas plu dans l’Alaotra, grenier de la Grande île, depuis le mois de novembre de l’an passé. Même si ce manque de pluie n’affecte pas encore l’approvisionnement en riz depuis l’Alaotra, le prix est déjà affecté. A Ambatondrazaka, le kilo du riz coûte actuellement entre 1.700 et 2.100 ariary. Le « kapôka » coûte entre 450 et 500 ariary. Il en est de même pour Amparafaravola, Tanambe, Anorohoro, ainsi que les autres villes et villages de la région Alaotra Mangoro. Cela affecte considérablement le prix du riz dans la capitale et dans les autres villes qui importent du riz depuis l’Alaotra. Sur le marché de la capitale, les riches se bousculent pour stocker du riz en grandes quantités. Ils achètent le kilo entre 1.800 et 2.500 ariary, soit environ 75.000 ariary le sac de 50 kilos. Et ça, c’est le prix de gros. Au détail, le prix du kilo du riz varie entre 1.900 et 3.000 ariary. Pour une famille de classe moyenne, c’est déjà trop, en sachant qu’il faut en moyenne 2 kilo de riz par jour pour nourrir une famille. Plusieurs personnes font du stockage en achetant des vivres par tonne. Cela entraine un manque sur le marché et pousse les commerçants à augmenter encore plus les prix. Comme il n’y a aucun contrôle de prix à Madagascar, chacun fait ce qu’il veut. Aucun responsable ne bouge le petit doigt pour considérer le cas de la population, victime de l’abus des commerçants.

La sécheresse est peut-être un phénomène naturel inévitable, mais l’incompétence du régime en place fait que cela pèse encore plus sur la population. En effet, le gouvernement ne maîtrise plus les variations dans la vie quotidienne de la population car la gouvernance de ce pays est trop anarchique. Trop occupé à accueillir telle ou telle personnalité étrangère à qui mendier quelques dollars pour s’enrichir, nos dirigeants ont totalement oublié que pendant qu’ils se la coulent douce dans leurs fauteuils à l’ombre de la canicule, la population endure la misère.

T.Berado

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