Edito: Parmi les 15 meilleures au monde
Située au 14ème rang derrière Sikkim en Inde et devançant Chypres, la Grande Ile figure ainsi parmi le top 15 des meilleures destinations touristiques au monde, d’après le récent classement dressé par le magazine Financial review. Et il y a de quoi si l’on jette un œil sur les potentiels du pays. Citons la biodiversité qui attire les amoureux de la nature, les plages dont celles de Sainte-Marie, d’Analalava parmi les plus romantiques au monde, l’Isalo dans le Sud et ses reliefs originaux construits jadis par la mer, sans parler de la diversité des cultures et des reliefs des régions… D’après Financial review, Madagascar est un paradis éco-touristique. Ce n’est pas étonnant dans la mesure où sa biodiversité est riche et variée. Madagascar est, en effet, parmi les hotspots mondiaux en termes de biodiversité. Seulement, cette biodiversité est menacée par les dégradations qu’elle subit à cause des pressions humaines (déforestation, exploitation minière à petite échelle qui atteint jusqu’aux aires protégées…). Il faut aussi souligner que le budget public alloué au tourisme est des plus modestes : il ne représente même pas 1% du total pour cette année 2017. En fait, le budget du ministère du Tourisme représente 0,1% du budget public.
Mais le ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts connaît le même problème, alors qu’il devrait contribuer à l’essor de l’écotourisme de par la préservation de la biodiversité. Son enveloppe pour cette année représente à peine 1% du total du budget public. Comme quoi, si le pouvoir en place parle d’un secteur prioritaire, la volonté politique effective pour développer le secteur du tourisme ne suit toutefois pas. Elle laisse encore à désirer et l’allocation budgétaire pour le secteur et les autres secteurs connexes le prouve.
Pour le financement de la promotion de la destination, l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) et ses démembrements dans les régions font ce qu’ils peuvent. Malgré tout, le niveau de ce financement est encore nettement inférieur par rapport à ce qui s’observe sur les îles voisines, dont notamment Maurice et La Réunion. Ces îles travaillent pourtant avec Madagascar dans le cadre du concept « Iles Vanille » pour la promotion commune des îles de l’océan Indien. Un tel partenariat risque de ne pas produire les résultats escomptés lorsque les membres n’ont pas les mêmes moyens. Il est pourtant clair que Madagascar compte plus d’atouts naturels que les îles sœurs. Mais il est loin derrière La Réunion et Maurice en ce qui concerne le développement du tourisme.
Même si ce secteur est quelque peu fragile dans un pays comme Madagascar marqué également par la fragilité (croissance économique anémiée, pauvreté et insécurité croissantes, instabilité politique…), il devrait se présenter comme un des leviers pour lutter contre la pauvreté. En effet, il occasionne des effets induits dans de nombreux secteurs. Citons l’agriculture, la pêche, l’artisanat, les transports, le guidage, etc. De plus, le tourisme est parmi les grands pourvoyeurs de devises pour le pays. Il faut seulement plus de volonté politique pour le mettre à la place qu’il mérite.
Fanjanarivo