10 milliards de dollars: Pas de décaissements sans réformes

L’effervescence, après le Sommet de la Francophonie à Antananarivo et la Conférence des bailleurs et des investisseurs à Paris, est très vite retombée. Les investissements ne se bousculent pas au portillon. La raison est simple : les autorités malgaches n’ont pas entamé les réformes préalables. Elles se trompent si elles croient que les milliards de dollars vont tomber du ciel, sans qu’il soit nécessaire d’engager des restructurations sérieuses. Les décaissements se font sur la base de projets qui s’accompagnent de réformes. Pas de réformes, pas de financements. C’est presque arithmétique. Juste après la Conférence des bailleurs et des investisseurs, le régime aurait dû mettre en place une taskforce pour finaliser un planning de réformes. Au lieu de cela, il s’est endormi sur ses lauriers, préférant s’atteler à la prochaine élection présidentielle. Si le régime ne veut pas démarrer un train de réformes, c’est parce qu’il n’en a ni la volonté ni les compétences. On appelle cela la misère conservatrice.

Les bailleurs institutionnels et les investisseurs privés ont bien compris cette réalité. Ils ne peuvent pas faire confiance à un régime qui néglige, l’intérêt général, qui offre le grade de général comme on distribue des bonbons et qui tarde à remplacer le ministre de l’Energie alors que la pénurie d’électricité s’accentue. Bailleurs et investisseurs ne peuvent pas signer un chèque en blanc à un régime corrompu qui est impliqué dans tous les trafics d’or et de bois de rose.

M. GASPARD

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