Gouvernement malgache: Rien qu’une étiquette

Sommes-nous encore gouvernés ? C’est actuellement la question que se pose principalement la population malgache. Certes, les entités publiques sont encore théoriquement en place, mais sont-elles toujours actives ? La réalité inévitable, c’est que Madagascar est en train de couler. On parle d’aide ou de don ou de peau de banane de plusieurs milliards de Dollars mais cela n’a aucun effet sur la vie de la population. On ne sait même pas si ces dons existent vraiment ou si cela reste également sur le papier, comme ce gouvernement. Depuis sa mise en place, Hery Rajaonarimampianina a essayé de duper quotidiennement la population en utilisant des arguments mensongers à travers tout le pays et en s’appuyant sur la faiblesse de chaque région. Il fut même un temps où il a nié publiquement l’existence de la famine dans le Sud pour essayer de soigner son image de raté et d’incapable dépassé par les évènements. Comme le délestage est le principal problème commun de la population de la Grande île et surtout « le problème » à régler, il a osé promettre de s’en débarrasser en 3 mois. Au bout de 3 années après ses paroles plein d’espoir, cela s’est empiré.

Actuellement, rien ne va plus. La situation de Madagascar est hors-contrôle. L’incompétence de Hery Rajaonarimampianina à diriger et surtout à choisir le bon candidat pour tel ou tel poste au sein de son gouvernement a entraîné le pays vers un gouffre si profond que lui-même s’y perd. Trop influençable, il n’a pas hésité à copier le discours de François Hollande lors de son investiture, et depuis cette bourde, tout est parti en vrille. Lâche comme il est, il n’hésite pas à rejeter la faute sur les autres quand la situation lui dépasse et change de gouvernement pour montrer qu’il bouge. Le dernier gouvernement en date, jusqu’à nouvel ordre de remaniement, est dirigé par un premier ministre tout aussi mou et incompétent que le Président. Les deux hommes forment le duo parfait en termes de ralentissement. Tout, vraiment toutes les choses qui sont censées être réalisées par ce gouvernement restent sur le papier et ne sont en aucun cas palpable par la population, à l’exception de quelques routes fait dans la précipitation pour accueillir les vraies Rois de ce pays, les étrangers.

Un pays gouverné, c’est avant tout un pays où la population se sent écoutée et où ses opinions sont prises en compte par les dirigeants. A Madagascar, cela n’existe pas. Les réalisations ne sont pas faites en fonction du besoin de la population, mais en fonction de l’amélioration de l’image des dirigeants aux yeux des étrangers, des sponsors. Il n’y a aucun moyen pour la population de faire parvenir ses idées, ses envies, ses propositions aux dirigeants. Même les médias sont régis par une loi de répression qui leur interdisent de faire passer les vraies opinions de la population. Le gouvernement malgache n’existe pas. Ils ne sont là que par protocole. Ce sont des moutons, obligé de suivre les ordres d’en haut. Aucun ministre n’osera dire du mal du président, même si au fond il le pense. Aucun ministre n’osera contredire les ordres car il risque sa place. Les ministères ne sont que des titres mais derrière eux, on sait qui décide. C’est à cause de cela que rien ne va plus.

On peut mesurer l’échec de ce gouvernement par la dégringolade de la vie de la population. Jamais auparavant l’inflation n’a connu une telle ampleur, même durant la crise de 2009. Et pourtant, il n’y a eu aucunes aides étrangères à l’époque. C’est comme si ces dons dont on se vante ne font que faire régresser la vie de la population. On est dans la merde, c’est le moins qu’on puisse dire. Pour bien constater l’étendue de son échec, on invite Hery Rajaonarimampianina et son équipe d’incompétents à faire une petite visite sur les marchés d’Andravoahangy, d’Isotry, de Mahamasina, ainsi que dans les bas-quartiers de la capitale pour voir comment vivent les malgaches. On les invite à montrer qu’ils sont encore là et se montrent aussi en temps normal sans attendre qu’une catastrophe s’abatte sur un quartier pour faire les hypocrites. On les invite à montrer qu’ils sont aussi des Malgaches, rien qu’une fois dans leur vie.

L’état actuel de Madagascar ne se résume pas aux résultats d’enquête de telle ou telle organisation. L’état actuel de Madagascar se passe sur le terrain. La pauvreté ne se lit pas dans un magazine, elle se lit dans les marmites, dans les assiettes, dans les hôpitaux. Jusqu’à preuve du contraire, le gouvernement malgache n’existe pas, ce n’est qu’un protocole, une étiquette collée sur la tête d’une personne payée mensuellement à quelques millions d’ariary pour porter le titre de ministre. Une personne attendant patiemment le jour de son renvoi quand Hery Rajaonarimampianian en aura marre de lui.

T.Berado