Famine dans le Sud : satiété pour le pouvoir

Quémander de l’argent à gauche à droite est rapidement devenue une habitude pour le pouvoir en place. Bien entendu, comme cette somme n’est pas le fruit d’un dur labeur, ils sont convaincus qu’ils peuvent en faire usage comme ils le souhaitent. Du moins, ils le croyaient jusqu’à ce que l’Ambassadeur Américain Robert Yamate exige de leur part une déclaration formelle d’urgence. Devant le fait accompli, quels subterfuges trouveront Rajaonarimampianina et son entourage pour nier la réalité ?

39 milliards de dollars ont été décaissés par les américains, depuis 2014 pour contribuer à l’aide alimentaire d’urgence dans le sud de l’île. Depuis cette date, les financements n’ont pas cessé grâce à l’USAID. La dernière enveloppe accordée à Madagascar s’est élevé à 2,7 millions de dollars, un montant dont la finalité reste la même que les précédentes. Ce qui est étrange, c’est qu’avec cette somme faramineuse – qui, convertie en ariary, peut rendre dingue une simple machine à calculer – la famine dans le sud est loin d’être éradiquée. Pour parler plus directement, elle s’est même empirée. Si la déclaration formelle d’urgence peut permettre à Madagascar d’obtenir plus de contributeurs financiers, elle sonne comme la sonnerie du glas pour le régime Rajaonarimampianina et son entourage.

Quand on sait que cette déclaration formelle d’urgence ne date pas d’hier, on serait tenté de se demander pourquoi l’Etat ne l’a pas fait jusqu’à ce jour. La réponse on la connaît. Toutes les aides financières étaient, sont et seront d’abord décanter dans les poches des dirigeants. Ce montant leur servira à effectuer des achats bien plus prioritaires comme les 4×4 et autres biens de luxe. Avec une telle exhibition de richesse, c’est tout à fait normal d’essayer de se convaincre que Madagascar est loin d’être un pays pauvre. Paradoxalement, si effectivement, ce pays n’est pas si pauvre que ça, à quoi serviraient toutes ces aides extérieures ? En faisant un calcul simple, on pourrait dire que si les aides financières accordées par l’Etat américain étaient utilisées à bon escient, la crise alimentaire dans le sud ne serait plus qu’un vague souvenir.

Les détournements des déniers publics, les aides financières extérieures diverses permettent à ce régime de se voiler la face, en estimant que Madagascar est sorti du gouffre. La réalité est pourtant complètement à l’opposé. A l’heure actuelle Madagascar s’enfonce encore de plus en plus, et Rajaonarimampinina et ses collaborateurs continuent de creuser pour faire en sorte que leurs successeurs soient tenus pour responsable de la situation dans laquelle se retrouvera le pays dans quelques années. Attendons comment ils vont réagir à cette déclaration formelle d’urgence.

Johan R.

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