Production rizicole: Zéro récolte pour Marovoay !

2ème grenier à riz de Madagascar, Marovoay souffre de la sécheresse, alors qu’il produit jusqu’à 1 300 000 tonnes de riz par an. L’appel lancé par le député de cette circonscription relayé cette semaine par la radio nationale s’adresse aux autorités et porte sur la nécessité de provoquer des pluies artificielles dans cette zone. Il porte aussi sur la dotation en semences car les paysans n’en disposent plus. En effet, ils devront puiser dans leurs réserves pour la consommation s’ils peuvent repiquer une nouvelle fois pour rattraper les pertes occasionnées par la sécheresse. Mais ce rattrapage ne peut se faire sans une pluviométrie suffisante. Ce qui n’est pas encore le cas actuellement. Or, le repiquage pour la grande saison n’est pas récupérable d’après le parlementaire. Les jeunes plants sont asséchés par le retard des pluies dans environ 90% des cas et cette situation risque fort de compromettre la production nationale pour la campagne culturale 2016-2017. Les pluies artificielles de ces derniers temps n’ont toutefois pas concerné Marovoay. Outre les effets néfastes des aléas climatiques, cette zone souffre depuis longtemps de plusieurs problèmes dont l’ensablement des rizières, la vétusté et le manque d’entretien des infrastructures hydro agricoles… Le premier grenier à riz du pays, soit les plaines du lac Alaotra souffrent des mêmes problèmes et il faut y ajouter le mauvais état de la RN44 qui les relie à la RN2 au niveau de la commune urbaine de Moramanga.

C’est à croire que les dirigeants qui se sont succédé dans ce pays ne se préoccupent pas des greniers à riz. Pourtant, ce produit constitue l’aliment de base pour la grande majorité des Malagasy dont la consommation moyenne est de 138 kg/habitant/an en milieu rural et 118 kg/habitant/an dans les centres urbains, d’après les données officielles. Les Malagasy se classent ainsi parmi les plus grands consommateurs de riz au monde. Ils sont seulement devancés par les Birmans. Malgré cette place prépondérante du riz dans la consommation humaine, la filière riz n’a connu aucune révolution notable dans le pays. La situation critique des greniers à riz le prouvent. La filière a pourtant fait l’objet ou a été intégrée dans de nombreux projets de développement rural depuis l’indépendance. Des projets qui ont englouti des milliards de dollars empruntés auprès des bailleurs de fonds depuis 1960, mais qui n’ont pas réussi à développer l’économie rurale en général et la riziculture en particulier. Il n’y a qu’à regarder de près la situation des greniers à riz. En réalité, les bailleurs de fonds ont engagé leur argent tant que l’Etat acceptait leurs conditions dont le désengagement de l’Etat du secteur productif depuis la fin des années 80.

Ce désengagement contribue beaucoup à la dégradation des infrastructures hydro agricoles dont l’entretien revient aux associations paysannes. Il en est de même pour la gestion de l’eau. Mais ces associations n’ont pas été suffisamment formées pour relayer l’Etat. Et l’on ne doit pas non plus oublier le faible pouvoir d’achat des paysans, lequel ne leur permet pas d’assurer le financement de grands travaux d’entretien. Quant au Fonds d’entretien des réseaux hydro agricoles (FERHA), il semble ne pas suivre la demande. En effet, la plupart des infrastructures hydro agricoles ne sont pas bien entretenues.  

Fanjanarivo

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