Prix du riz: 25% de hausse en quelques semaines
Une envolée sans précédent des prix est observée sur le marché. Certes, la période de soudure est toujours marquée par une poussée inflationniste, mais cette fois-ci, elle est particulièrement trop élevée pour de nombreux ménages. En quelques semaines seulement, les prix du riz accusent une forte flambée de 25%. Même en 2004 pendant laquelle la filière riz a traversé la dernière crise, les prix n’ont pas connu une importante inflation en un temps record, comme maintenant. Malgré tout, les autorités concernées semblent regarder d’un œil indifférent ce gros problème qui aggrave l’insécurité alimentaire de la population. L’on se rappelle toutefois que sous la transition, la direction générale des impôts a bien initié une longue opération de descentes chez les grossistes pour réprimer la vente sans facture. Qu’est-ce qui empêche le ministère du commerce de faire de même pour confirmer ou infirmer les fortes rumeurs sur les rétentions de stocks ainsi que pour vérifier si la révision à la hausse des prix du riz n’est que de la pure spéculation ? Car il faut souligner que sur ces dernières semaines, les prix ont tendance à augmenter tous les jours. De nombreuses ménagères ont remarqué que les détaillants les ont révisés à la hausse presque tous les jours, alors qu’ils proposaient les mêmes produits issus d’un même stock et donc achetés au même prix auprès des grossistes.
Ce comportement serait calqué sur celui des grossistes qui agissaient pareillement. Comme quoi, les autorités devraient vérifier cette pratique qui pose problème aux consommateurs dont le pouvoir d’achat est très faible. Particulièrement pour la capitale, la hausse des frais de taxi-be pratiquée par certaines coopératives n’arrange pas les choses. Elle est d’ailleurs de l’ordre de 25%, comme la hausse des prix du riz. Et l’on ne parle plus des prix des autres denrées alimentaires dont les fruits et légumes, les poissons, les viandes, les grains secs, etc. Bref, l’insécurité alimentaire chronique qui affecte la moitié des enfants de moins de 5 ans ainsi que bon nombre d’adultes va encore s’aggraver. Hors des périodes de flambée des prix, elle pose déjà un grand problème en termes de croissance et de développement. Avec la forte poussée des prix, la situation est pire : beaucoup de ménages ne mangent plus qu’une à deux fois par jour. Et encore ! Ils doivent se contenter de maigres pitances très pauvres en nutriments. Au rythme où vont les choses, l’inflation prévue se situer à 7,1% pour cette année 2017 risque fort de grimper pour afficher deux chiffres.
Rappelons, en effet, que la forte inflation sous Ravalomanana et qui a perduré pendant 4 ans (2004-2007), a commencé avec la crise du riz en 2004. Au cours de cette période, de nombreuses régions ont affiché le kilo à 3 000 Ar. Et actuellement, on semble avancer vers le même sommet inflationniste mais cette fois-ci, sans que les autorités concernées ne bougent le petit doigt. Cette inertie pourrait être fatale à la forte proportion de population pauvre (92%) et à la population qui vit déjà dans l’extrême pauvreté.
Fanjanarivo