Infrastructures: 8 ans sans grands travaux !

Les grands chantiers d’infrastructures ont disparu du paysage socioéconomique de Madagascar depuis 8 ans, soit depuis 2009. L’on ne peut qu’en citer quelques uns, soit les routes de la francophonie dont la durabilité reste à prouver, quelques barrages hydro agricoles inaugurés par le régime actuel mais dont le financement a été souvent obtenu sous la transition. Et sous le régime Rajoelina ayant inclus le président de la république actuel comme ministre des finances et du budget, il y a eu les hôpitaux « manara-penitra », le coliséum d’Antsonjombe et le stade de rugby d’Andohatapenaka. Toutes ces infrastructures ne concernent qu’une infime partie de la population et ne résolvent pas ainsi le gros déficit en infrastructures du pays dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture dont la filière rizicole, l’énergie, la santé… Les promesses d’aide extérieures de 10,2 milliards de dollars vont-elles aider à résorber quelque peu ce déficit ? Il faudra attendre pour voir. D’ailleurs, il restera 2 ans au régime actuel pour faire ses preuves à condition qu’il inverse la tendance. Mais évidemment, il est impossible d’afficher une capacité d’absorption hors du commun pour engloutir plus de 10 milliards de dollars sur une période aussi courte, à moins que les dirigeants actuels ne veuillent rééditer l’erreur de Ravalomanana, avec ce que cela a occasionné comme conséquences néfastes.

Rappelons en effet, que Marc Ravalomanana a lancé presque simultanément de grands et nombreux chantiers routiers au milieu des années 2000. Et c’était l’une des raisons pour lesquelles l’inflation a grimpé de manière significative pour afficher une moyenne de 12,5% par an de 2004 à 2008, d’après les données du FMI. Ces travaux ont nécessité des importations massives de matériels, d’engins et de matériaux. Et ces importations ont contribué à déséquilibrer le marché des devises. La détaxation votée par le parlement en 2003 et marquée par un autre flot d’importations, s’y ajoutait. Résultat : l’inflation ne pouvait qu’atteindre des sommets et affaiblir par la même occasion le pouvoir d’achat des consommateurs. Si le régime actuel s’amuse à lancer de nombreux lots de chantiers sur un court laps de temps, le pays risque fort probablement de revivre les affres d’une inflation à deux chiffres comme sous Ravalomanana, mais avec en prime des conditions de vie déjà très dégradées. Il n’y a qu’à observer la flambée actuelle des prix des denrées alimentaires et le retard des pluies qui compromet la production agricole et notamment rizicole pour la campagne 2016-2017. Ce problème a déjà des fortes répercussions sur le quotidien des Malagasy et il en aura encore plus lors de la soudure 2017-2018.

Comme quoi, si les dirigeants optent pour le bien-être de la population, ils devraient lancer quelques chantiers prioritaires dans des secteurs comme l’énergie et les routes, le temps qu’ils restent au pouvoir, soit jusqu’en 2018. Mais tout dépend du décaissement des fonds promis dont aucune goutte ne tombe encore pour le moment. Il faut toutefois noter qu’ils ne pourront pas combler le gap de ces 8 dernières années en matière d’infrastructures. Ce qui ne devrait pas les empêcher à investir massivement dans le social dans la mesure où la quasi-totalité de la population croupit dans la pauvreté.

Fanjanarivo

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