Parti HVM : il met le paquet !
Il ne reste plus que deux ans de pouvoir pour Hery Rajaonarimampianina. L’action de développement qu’ils ont menée s’étant révélée stérile, les gros bonnets du régime se tournent vers la propagande pour s’assurer un autre mandat. Ils s’attachent maintenant à arrimer l’administration au parti HVM, et y mettent le paquet. Même si la Constitution indique que l’Etat garantit la neutralité de l’administration, les ministres ignorent volontairement cette disposition pour parvenir à leurs fins. Ainsi, la semaine dernière à Fénérive-Est, le ministre chargé des Projets présidentiels, Narson Rafidimanana, a réuni les ténors et membres locaux du HVM, le chef de file qui s’est exprimé en leur nom étant… le chef de région Ramaroson Jacques.
A Nosy Be, une séance de reboisement a servi d’alibi pour rassembler les adhérents locaux du HVM, notamment les fonctionnaires et les chefs de service de l’administration. Le tout fut présidé par trois ministres : Rivo Rakotovao (Agriculture), Anandra Norbert (Sécurité publique) et Paul Rabary (Education nationale). A Taolanaro, le HVM sous la houlette du député, du sénateur, du chef de région et des chefs de service de l’administration, a organisé une réunion. Au terme des échanges, l’assemblée a demandé solennellement à Hery Rajaonarimampianina de se présenter à l’élection présidentielle de 2018.
Ce n’est là qu’un aperçu des agissements des gros bonnets du HVM, désireux de perdurer au pouvoir. Leur action est en contradiction avec les dispositions de la Constitution, mais ceux qui devraient leur taper sur les doigts trouvent intérêt à ce qu’ils restent à la barre et ferment les yeux, comme la Haute Cour Constitution-
nelle ou l’Armée. Signalons que si la Constitution interdit au chef de l’Etat de présider un parti politique, c’est pour éviter qu’il ne contraigne (ou n’entraîne) les fonctionnaires à y adhérer. Le président de la République étant « empêché », les ministres entrent en lice et usent activement de leur titre pour accélérer les conversions…
A. R.