Taux de pression fiscale: L’actuel régime, talonné par la transition

10,6% par an depuis 2014. C’est le taux moyen de la pression fiscale à Madagascar, c’est-à-dire depuis l’avènement du régime Rajaonarimampianina, si l’on fait un petit calcul à partir des données du FMI. Il ne s’éloigne donc pas de la moyenne enregistrée sous la transition (10% par an). Pourtant à l’époque, Hery Rajaonarimampianina était ministre des finances et du budget. Ce qui signifie que son accession au pouvoir n’a pas amélioré les choses en termes de rentrées fiscales. Il faut aussi rappeler que les trafics de bois de rose ont explosé pendant la transition, s’ils ont déjà commencé à prendre de l’essor sous Ravalomanana. Et puis, la transition est une période propice au laisser-aller dans de nombreux secteurs et ne permet pas ainsi de maximiser les recettes fiscales et douanières ou encore moins de formaliser un pan de l’économie. Autrement dit, le taux de pression fiscale sous cette période ne pouvait qu’être faible. Malgré un régime élu et reconnu par la communauté internationale, le pouvoir actuel ne fait pourtant pas mieux. Il est plutôt incompréhensible de voir ses performances s’aligner à celles de la transition.

Même si les aides extérieures tardent à venir, rien n’empêche le régime d’aider à la formalisation de l’économie pour élargir l’assiette fiscale. Il peut aussi mettre fin aux pratiques illégales exercées par des gros opérateurs qui ne paient pas tout ou partie de leurs obligations fiscales et douanières. Mais ce n’est pas le cas. Cette année, le taux de pression fiscale ne connaîtra qu’une très faible progression de 0,2% pour se situer à 11,2%. Toutefois dans les Etats subsahariens fragiles comme Madagascar, cette hausse est prévue dépasser 1% et permettra à ces pays d’afficher une moyenne de 18% pour cette année. Une différence qui avoisine les 7%, éloigne ainsi la Grande Ile des performances de ce bloc d’Etats. Il faut souligner que même sous le régime Ravalomanana où la croissance économique a enregistré une moyenne de 5,8% par an, le taux de pression fiscale n’a pas été terrible. Il a affiché une moyenne de 11,7% par an. Comme quoi, les dirigeants successifs n’arrivent pas à relever ce taux pour différentes raisons. L’on peut citer l’informel qui concerne tout aussi bien les micro et petites activités que des grosses entreprises dûment formelles mais qui ne s’acquittent pas correctement de leurs obligations vis-à-vis du fisc et/ou de la douane. Et à l’époque, le groupe Tiko en faisait partie. Il a abusé d’exonérations et c’était l’un des griefs des bailleurs de fonds contre le régime Ravalomanana, lequel les a amenés à couper les aides budgétaires fin 2008.

Ces établissements qualifiés de semi-formelles sont parmi les principaux responsables d’un taux de pression fiscale faible. Mais s’ils peuvent fonctionner en marge des réglementations en vigueur, c’est grâce à la complicité de hauts responsables ou à l’implication directe des dirigeants comme sous Ravalomanana. Tout est donc affaire de gouvernance ou plutôt de mauvaise gouvernance marquée, entre autres, par la corruption et la domination d’intérêts particuliers au grand détriment de l’intérêt général. Dernièrement, le classement de Transparency international sur l’indice de perception de la corruption place Madagascar au 145ème rang sur 175 pays. Ce qui se traduit par un fort recul de 17 places, et éloigne le pays du score de 50/100. Il n’affiche qu’une maigre note de 26/100. Et la corruption généralisée atteignant jusqu’à la haute sphère de l’Etat contribue à cette contre-performance nuisible à la population et aux entreprises.

Fanjanarivo

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