EDITO: La colère de la rue ?
Depuis un certain temps, la rue a commencé à faire parler sa colère et vu la situation actuelle, cela ne pourra qu’empirer. Les jours qui passent ne tendant pas à diminuer la frustration de la population. A termes, cela aboutira à un bras de fer entre la population et le pouvoir en place. Si la première est motivée par un ras-le-bol, dû au manque de considération flagrant du second, ce dernier refuse de faire face à la réalité et prend des mesures répressives à l’encontre de toute entité qui souhaite remettre les choses dans l’ordre.
De nombreuses fois, l’Histoire a été témoin que lorsque la rue s’exprime, les conséquences pourraient être désastreuses pour le pays, à commencer par les dirigeants. Vu les mesures prises par les dirigeants actuels, tout porte à croire que c’est le seul fait dont ils sont encore conscients. La preuve, les mesures de répression sont ordonnées à tout va. Des mesures qui ne sont évidemment pas des solutions pérennes, pire encore, elles ne font qu’envenimer les relations entre l’administration et les administrés. Contrairement à ce qu’il n’y paraît, cette démonstration de force n’est bien entendu qu’un aveu d’impuissance. D’ailleurs, cette impuissance se traduit de façon manifeste par l’incapacité des forces de l’ordre à capturer les véritables malfaiteurs. Une situation, qui bien entendu, permet de promouvoir la justice populaire. Dans les faits, les gouvernants actuels ignorent tout sur la notion de « diriger ».
Bien que le maintien de l’ordre public constitue une prérogative des pouvoirs publics, dans la situation actuelle, elle n’est pas encore une priorité. Avant de prétendre se soucier de l’ordre public, ou de la préservation de bien commun, l’Etat devrait d’abord se concentrer sur des problèmes encore plus importants. Bien entendu, la liste à mettre sur le dos de leur incompétence est longue. Pour l’heure nous ne citerons que l’insécurité, un travail réel, qui doit être affecté de manière effective aux forces de l’ordre, la corruption qui permet d’approfondir encore plus le gouffre de la pauvreté, et bien entendu le délestage. Vu la durée de ce dernier, il constitue un poison long et douloureux, aussi bien pour les entreprises que pour la population locale. En réalité, à part les nombreuses visites officielles qui permettent au pouvoir de se voiler la face, rien ne va plus dans ce pays.
Face à une telle situation, il semble tout à fait normal que la population arrête de penser, et descende enfin dans la rue pour réclamer ses droits. On pourra essayer de faire croire qu’un tel mouvement soit à connotation politique, mais les gens ne sont plus dupes. Si les mesures de répression sont devenues une habitude pour le régime actuel, reste à savoir la position de l’organe judiciaire indépendant, si elle était saisie dans une telle situation : condamner les citoyens qui réclament leurs droits, ou continuer à être la marionnette d’un pouvoir depuis le départ voué à l’échec ?
Johan R.