Transports: Aucune stratégie claire depuis plus de 30 ans
Les frais des taxi-be à 400 Ar dans capitale vont-ils se maintenir assez longtemps ? Cette question demeure dans le sens où l’Etat ne dispose même pas d’une stratégie claire pour le développement des transports et les transports publics en font partie. Ce problème ne date pas d’aujourd’hui puisque cette absence de stratégie date de plusieurs décennies. Après la disparition des transports publics assurés par l’Etat dans les années 70 et par la commune urbaine d’Antananarivo dans les années 80, les coopératives de transports ont pris le relais. Mais les usagers tout comme les agents économiques qui travaillent dans ce secteur en sont tous victimes. Pour intégrer une coopérative, les transporteurs doivent payer une licence allant jusqu’à 2 millions Ar pour certaines coopératives. Quant aux chauffeurs et receveurs, ils ne sont pas des salariés payés au mois. Ils sont rémunérés comme des journaliers et selon le versement. Par contre, ils ne bénéficient d’aucune protection sociale. Cela signifie qu’ils ne sont affiliés ni à la CNaPS ni à une structure inter-entreprises oeuvrant pour les soins médicaux des travailleurs. Autrement dit, ils ne jouissent pas des droits de protection sociale stipulés par les textes en vigueur.
Les usagers non plus ne sont pas gâtés. Ils doivent souvent faire face au manque de compétences et de savoir-vivre des chauffeurs et receveurs, à des véhicules dans un état lamentable dont un démarreur composé de deux fils situés entre le chauffeur et le passager du devant. L’on peut aussi citer les sièges en bois dur ou brinquebalants, les taxi-be qui ne réalisent pas tout leur trajet, l’insuffisance de véhicules pendant les heures de pointe… En réalité, le système de coopératives ne réussit pas à développer les transports urbains. Il ne fournit pas non plus des services de qualité. Les autorités concernées ne sont-elles pas assez imaginatives pour élaborer des solutions efficaces ? Pour l’heure, les transports urbains et suburbains comptent environ 6 000 véhicules dont 3 500 pour les transports urbains. Ce secteur emploie non moins de 12 000 personnes, puisqu’un véhicule a un chauffeur et un receveur. Ces travailleurs-là travaillent dans des conditions déplorables. Les propriétaires de taxi-be se plaignent des frais d’entretien trop élevés. Les usagers ne sont pas satisfaits des services de taxi-be. Ils doivent aussi composer avec des frais élevés. Rappelons qu’avant 1975, ces frais ont été de 1 Ar, contre 2 Ar en 1979 date à laquelle l’Etat a créé la société Fibata. Mais dès 1980, ils ont augmenté à 4 Ar. A la fin des années 80, ils ont été à 10 Ar. mais dès le flottement du fmg exigé par le FMI et la Banque mondiale, les frais des taxi-be ont grimpé à 40 Ar en 1994.
Cette mesure pour le marché des devises est d’ailleurs pointée du doigt par des économistes comme étant le principal artisan de la forte érosion du revenu des ménages et donc de leur pauvreté. La hausse continue et élevée des frais des transports urbains jusqu’en 2012 en témoigne. Depuis, l’Etat a tout fait pour bloquer les tarifs à ce niveau, sans qu’il développe une stratégie à même de sortir ce secteur de ses mauvaises conditions. C’est pourtant un secteur qui devrait rapporter tout en fournissant des services de qualité.
Fanjanarivo