Santé publique: A la recherche d’un remède efficace

Pour savoir comment se porte la Santé Publique à Madagascar, il ne faut pas chercher bien loin. Bien que les informations semblent aller dans des directions opposées, la réalité est la seule vraie preuve factuelle. D’un côté, les organismes internationaux de santé rapportent une situation alarmante et de l’autre, le Ministère de la Santé Publique se veut rassurant. La santé à Mada, comment ça va ?

D’une part, le ministère de la santé qui indique que la situation n’est pas si critique que ça. Quand on voit les réalisations habituelles telles que les travaux de construction, les inaugurations et autres séminaires, on pourrait le croire. Grâce aux nombreuses aides – comme pour tous les secteurs d’ailleurs – le secteur santé a connu un certain regain d’énergie, qui hélas n’est pas suffisant. L’on n’arrêtera de se demander quelle direction prend cet argent au final, si toutes les données vérifiables ne sont pas diffusées en toute transparence. Peut-être parce que ledit ministère est aussi frappé par le code de la communication, l’empêchant ainsi de divulguer un état des lieux fiables. Pourquoi éviter de dire la vérité sur la situation, alors que même les organisations étrangères sont au courant ? Tout le monde sait que Madagascar est un pays économiquement faible, et les gens ne sont pas stupides au point de croire que si des financements sont accordés, c’est parce que l’Etat Malgache ne dispose pas de moyens suffisants. Mais de là à se voiler la face, et y croire dur comme fer, ça cache quelque chose de malsain. Si le ministère de la santé refuse de divulguer de telles informations, nous irons les chercher ailleurs.

D’autre part, il y a les organisations mondiales. Quand il s’agit de santé à l’échelle mondiale une seule référence est entièrement fiable : l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Heureusement que ce site n’est pas régie par le nouveau code de communication malgache. Ainsi, il est possible d’accéder à des données quantifiables sur le véritable état de santé de Madagascar. Le constat est cinglant, suite à un rapport sorti par l’organisation en fin 2016, 62 cas de peste dont 26 mortels ont été constatés. Une donnée qui n’a pourtant été mentionnée ni par le ministère, ni par l’administration. Une autre source peut également servir de référence, notamment quand il s’agit de la santé de la petite enfance : l’UNICEF. Ainsi, cet organisme a fait un état des lieux, car quelqu’un doit bien le faire. Selon cet état des lieux, environ 120 enfants par jour meurent sans atteindre leurs 5 ans. Pire encore, la cause de ces morts peut être évitée. Il y a la pneumonie pour 21 %, le paludisme pour 20 % et la diarrhée pour 17 %. Ce fond international précise même que les régions rurales doivent faire face à un problème d’accès au soin. Où sont donc passées ses infrastructures inaugurées ?

A Madagascar, il y a 2 réalités, celle que l’on fait croire et celle que l’on vit. Il est vrai que lorsqu’on dispose des moyens suffisants, il sera toujours meilleur d’effectuer une évacuation sanitaire vu qu’ici, les soins sont lamentables. Malheureusement, ce type de solution requiert des sacrifices financiers, pour ne pas parler des procédures. Il serait bien d’être honnête car si les financements affluent, il faudrait que les résultats s’en ressentent. Au besoin, la population fera comme vous : donnez nous cet argent pour qu’on puisse soigner les nôtres.

Johan R.