Inflation: Mauvais état des routes, un effet haussier

1 750 Ar à plus de 2 000 Ar/kg. C’est la fourchette des prix du riz dans de nombreuses localités du pays en janvier dernier. Cette flambée provoquée par des riches opportunistes et informels n’a toutefois pas atteint certaines zones. Celles-ci ont pour particularité le mauvais état des routes qui les relient avec les autres régions voisines. En fait, les mouvements du taux de l’inflation dans ces zones sont généralement conditionnés par l’état des routes. Rappelons toutefois que 60% des communes ne sont pas accessibles par voie de surface tout au long de l’année selon le Plan national de développement (PND). La population souffre de ce problème qui se pérennise. Car la réhabilitation des pistes et routes rurales est loin de devenir une priorité du gouvernement. Et seules quelques routes nationales reliant des zones très enclavées comme dans l’Atsimo-Andrefana figurent au programme des travaux de réhabilitation. Ce n’est pas le cas pour des zones comme Antsalova dans le Melaky. Actuellement, le kilo du riz dans cette commune est de 1 230 Ar. Ce prix était le même pendant la fièvre haussière qui a gagné de nombreuses localités comme rappelé plus haut.

C’est évident parce qu’Antsalova est isolé pendant la période des pluies. Deux routes nationales relient cette commune avec les zones voisines. La RN8 la relie à Belo et la RN8A à Maintirano. Les communes limitrophes comme Morondava et Maintirano s’approvisionnent à Antsalova pendant la saison sèche. Mais cette dernière ne peut rien évacuer pendant les pluies parce que les routes deviennent très boueuses et parsemées de gros trous. Comme quoi, l’état des routes conditionne beaucoup les fluctuations des prix. Les paysans et les consommateurs n’y trouvent pas leurs comptes. Car si les prix du riz ne bougent pas, ceux des autres produits de première nécessité augmentent beaucoup. Pour l’huile alimentaire par exemple, le litre passe de 5 000 à 6 000 Ar/litre. Les frais de transport aussi bondissent parce que pour faire les 120 km qui séparent Antsalova à Maintirano, il faut débourser 80 000 à 100 000 Ar ! Le prix au kilomètre revient ainsi très cher, il approche les 700 Ar, alors que pendant la saison sèche, le même trajet est payé à 3 000 Ar. En cette période de pluies, le transport de marchandises revient aussi très cher puisque les taxi-brousse le facturent à 500 Ar/kg. Voilà pourquoi les prix des PPN augmentent, d’autant plus qu’Antsalova ne produit pas, par exemple, des légumes sauf les oignons.

Dans la mesure où les frais des marchandises sont très élevés, les commerçants préfèrent ne pas en importer en provenance d’autres régions en cette période. Pour la viande, le kilo démarre à 4 000 Ar. Ce n’est pas étonnant parce que la région du Melaky fait partie des zones où le cheptel bovin semble encore abonder. Elle est aussi riche en poissons et ces produits sont à des prix abordables, sauf pendant les mois de fermeture de la pêche. Sinon, il faut noter que le mauvais état des routes ne concerne pas uniquement des zones éloignées de la capitale comme Antsalova. Il affecte des zones dans un rayon de 60 à 100 km autour d’Antananarivo. Comme quoi, ce problème d’infrastructures est national et occasionne des pertes tant pour les producteurs que pour les consommateurs. A quand tombera la manne promise par les bailleurs de fonds pour réhabiliter les routes ? Et si elle tombe, il est fort probable que les pistes rurales ne seront pas une priorité des priorités.

Fanjanarivo  

Ajouter un Commentaire