Elections 2018 : à qui profite le report ?
Comme le régime actuel aime à le répéter, le report des élections présidentielles est impératif. Les arguments présentés sont tous autant variés qu’infondés. Vers la fin de l’année passée, l’argument était d’éviter une nouvelle crise politique. Actuellement, la tendance serait plutôt d’ordre météorologique. Comme toujours, plutôt que de trouver des arguments qui tiennent la route, les tenants du pouvoir choisissent les solutions de facilité.
Les deux dernières élections présidentielles – celles de 2008 et de 2013 – se sont tenues pendant la même période. C’est-à-dire à quelques semaines de la fin de l’année. A lors qu’aucune contestation, aucun problème n’a été relevé quant aux conditions météorologiques. Rappelons que cette période correspond à la saison des pluies. Par conséquent, rien n’empêchera les prochaines élections présidentielles de 2018 de se tenir à la même période. Rien, à part le régime actuel, de toute évidence. En effet, ce dernier avance les conditions météorologiques désastreuses pour argumenter un report des élections.
Est-il nécessaire de rappeler que les conditions relatives à la tenue des élections présidentielles sont clairement précisées dans la Constitution Malgache ? Si effectivement, la période de tenue de ces élections était un problème, pourquoi avoir attendu 1 an avant la date limite pour envisager un changement de date ? Si l’on considère cette excuse comme valable, pourquoi ne pas avancer les élections plutôt que de les reculer ? Tout ! Le régime fera absolument tout pour garder le pouvoir encore plus longtemps. Malheureusement pour eux, ils sont bien les seuls à vouloir repousser la date de ces élections.
A l’exception d’un petit groupe d’individus qui souhaite protéger leurs intérêts particuliers, personne n’est d’accord pour procéder au report des élections. Preuve en est, la signature du projet de « soutien au cycle électoral de Madagascar » (SACEM), pour un montant s’élevant à 12 millions de dollars. Face à cette situation où le gouvernement se retrouve bien seul, il a été malgré lui, obligé de changer son fusil d’épaule. Mais vu le changement fréquent d’avis de nos dirigeants, rien n’est encore sûr concernant leur véritable. Ce qui est sûr c’est que vu le montant faramineux proposé dans le cadre du projet, même les plus têtus reviendront sur leurs positions.
Devant ce nouveau fait qui est le financement du projet SACEM, quels arguments trouvera le régime actuel pour reporter les élections présidentielles ? Le seul moyen qui leur reste pour sortir de la plus noble des manières, ce serait de contribuer de manière sincère et honnête pour que les élections se tiennent au plus tard en 2018. Peut-on encore croire à un minimum de sagesse de leur part ?
Johan R.