Atténuation du changement climatique: Les projets de carbone bleu y contribuent
À Madagascar, l’ONG scientifique Blue Ventures (qui cherche à concevoir des approches novatrices pour favoriser la conservation de l’écosystème marin local par les habitants du cru) s’intéresse au potentiel du carbone bleu depuis 2011. L’un des objectifs fondamentaux du projet est de permettre aux communautés côtières de participer sur un pied d’égalité à un mécanisme REDD+2 portant sur les mangroves.
Plus, rapporte « L’économie bleue en Afrique : Guide pratique par la Commission économique pour l’Afrique » il privilégie le renforcement des méthodes de mesure de l’étendue des massifs de palétuviers et d’élaboration de projets communautaires le long de la côte ouest de l’île, où cet écosystème prospère. Depuis 2013, le projet respecte la Norme de vérification du carbone (VCS), spécialement conçue pour les forêts terrestres. Ce faisant, il contribuera à déployer des projets de carbone bleu relevant du mécanisme REDD+ à Madagascar et ailleurs dans le monde.
En dépit des progrès récents, note-t-on dans le Guide, plusieurs freins empêchent toujours de tirer pleinement parti de la valeur ajoutée des services écosystémiques en termes de carbone bleu et de les convertir en options pour améliorer la gestion des recettes tirées de ces écosystèmes. Les gains attribuables au carbone bleu ne sont pas encore totalement intégrés dans les débats politiques sur les mécanismes financiers destinés à atténuer le changement climatique.
Et en guise de conclusion, il est fait état que sans une reconnaissance préalable de l’importance des forêts bleues et du carbone bleu pour atténuer le changement climatique, ces initiatives n’auraient pas pu voir le jour. Elles sont allées de pair avec une volonté politique affirmée et la détermination des gouvernements nationaux et de leurs partenaires au développement. Les projets de carbone bleu pourraient donc permettre à certains pays de concevoir des stratégies d’atténuation du changement climatique, assurer une « intendance » écologique de leur littoral et perpétuer les avantages qui en découlent pour les communautés.
L’initiative REDD (réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts), rappelle-t-on, cherche à valoriser le carbone stocké par les arbres et à inciter ce faisant les pays en développement à réduire leurs émissions mais aussi à investir dans des trajectoires bas carbone de développement durable. L’initiative « REDD+ » va plus loin puisqu’elle intègre le rôle de la conservation, de la gestion durable des forêts et du renforcement des stocks de carbone forestier dans la réduction des émissions.
Bref, avec ses 5 500 kilomètres de côtes, Madagascar bénéficie d’un éventail unique de ressources naturelles côtières et marines. Le pays a déjà démontré avec succès l’efficacité de l’approche de l’économie bleue et les exemples concrets qui suivent permettent de tirer de précieux enseignements.
Tous démontrent l’adéquation du concept de l’économie bleue pour s’orienter vers un développement durable, puisqu’elle permet de créer des emplois diversifiés et de renforcer les compétences de manière pérenne. La clé du succès réside dans l’aptitude à apprécier le potentiel commercial puis à prendre les mesures nécessaires pour faciliter le lancement de projets, qui aboutiront d’autant mieux que toutes les parties prenantes auront été mobilisées.