Présidentielle 2018: L’église catholique s’en mêle?

La semaine dernière, Odon Razanakolona, président du FFKM a convoqué quelques évêques et à l’issue de la réunion, on sait d’après notre source qu’ils comptent faire surveiller les échéances électorales de 2018 dans tout le pays. Mais pour quelle raison ? Telle est la question qui se pose. Est-ce pour la transparence que toute la population souhaite ? Est-ce que les églises membres du FFKM n’arrivent plus  à se mettre d’accord ? Ou veulent-ils soutenir un éventuel candidat au poste de Président de la république ? Car dans le pays, la religion n’est pas  séparée de la politique même si la séparation des Églises et de l’État est entrée en vigueur à Madagascar en 1913. C’est même devenu un atout pour les politiciens en course pour la présidence. 

La présidentielle de 2018 risque d’être une élection de tous les dangers! Le PNUD en est déjà conscient. D’après elle, les conditions pour que les prochaines échéances électorales soient réalisées dans des conditions hors de crise ne sont pas remplies. C’est peut-être aussi ce que craint Odon Razanakolona. Mais si c’est la véritable raison, pourquoi a-t-on tenu cette  réunion sur le projet de surveillance électorale en toute discrétion et pourquoi travailler seuls (les catholiques) et non avec toute l’équipe du Conseil œcuménique des églises chrétiennes ou FFKM? Tout en sachant que les évêques catholiques ne se sont pas gênés à dénoncer les échecs des dirigeants sur tous les plans. C’est lors de la CEM ou conférence des évêques de Madagascar en novembre 2016 que ces derniers ont affirmé que « Pourquoi avec autant de richesses, nous n’arrivons à rien. Pourquoi le peuple ne va-t-il pas dans une dynamique productive. Il ne s’agit pas d’absence de richesse, de compétence ou d’intellectuels mais, Madagascar manque de personnes sages » Ils annoncent une pénurie d’hommes sages dans le pays. On sait déjà alors que les catholiques ne seront pas invités à voter pour l’actuel Président. Cette affirmation est même une autre façon de souligner que Hery Rajaonarimampianina ne devrait plus se présenter à la prochaine élection présidentielle. Serait-ce alors en faveur d’un catholique ou comme à l’époque du feu le cardinal catholique  Gaëtan Razafindratandra où il s’est investi à laisser de côté le candidat Didier Ratsiraka ? Il n’est donc pas certain que cette initiative de surveillance soit en faveur de Andry Rajoelina, même étant catholique car pour rappel, ces derniers avec tous les chefs des Eglises chrétiennes se sont prononcés en faveur de Marc Ravalomanana qui l’opposait à Didier Ratsiraka. Mais si c’est en sa faveur, finalement, une tension  au sein de FFKM risque de se réveiller, sachant que les chrétiens protestants ne l’acceptent pas. Preuve : Le Hetsikin’ny Mpitondra Fivavahana (HMF), ou Mouvement des ecclésiastiques le 8 mai 2010 appelant Rajoelina à démissionner.  Il n’est plus à porter à la connaissance du public que Ravalomanana a déjà gagné le cœur des « protestants » et tente même de gagner ceux de l’ensemble des chrétiens, sachant que c’est une arme de guerre puissante.

Et si tout n’allait plus alors au sein du Conseil œcuménique des églises chrétiennes ? Car en septembre, la présidence du pasteur David Rakotonirina a été contestée. Le Dr Endor Rakoto voulait même que la présidence tournante soit directement passée à l’Ecar. Dans ce cas, la réconciliation nationale pour laquelle le Conseil œuvre est tombée à l’eau si le président à la tête de l’opération fait cavalier seul.

A.N.