CHRONIQUE de N. RAZAFILAHY: Une vision laxiste qui va coûter cher

Il semble  bien que l’attitude normale de ceux qui arrivent au pouvoir sans avoir été préparé pour ce faire,  serait de ne jamais tenir compte des leçons de l’histoire de ce pays. Non seulement, ils tombent tous dans les mêmes pièges l’inefficacité par amateurisme et le manque total du respect de l’éthique (deux maux générateurs de la corruption) à cause de la servilité facilitée par la cupidité, mais en outre, ils évitent sciemment de  prendre en considération les causes originelles des échecs passés de leurs prédécesseurs.

La destruction par le feu de plus de 400 maisons d’habitation du  village d’Antsakabary, dans le district de Mandritsara  et les brutalités qu’on a fait  subir à plusieurs personnes de cette localité  une fois  de plus viennent de secouer  l’opinion engourdie par une torpeur résignée, par le laxisme inacceptable des dirigeants de toutes les institutions. Parce les habitants sont maintenant convaincus que les autorités centrales semblent s’être entendu pour fermer les yeux et faire la sourde oreille sur les malheurs des administrés, plus rien n’étonne dans cette république. Malgré les démentis énergiques mais pas très crédibles d’un supérieur hiérarchique déterminé à couvrir les bavures de ses subordonnés, des sources pourtant dignes de foi portent à l’intention de tous, des versions pas honorables pour des forces de l’ordre qui ont intervenu sur les lieux. Il se trouve même que le Procureur de Mandritsara  en personne donne des informations très accablantes livrées par le Syndicat des Magistrats à la presse. Peu importe de savoir qui ment et qui tente  de tromper les responsables centraux ?  Les faits  sont têtus. Qu’on le veuille ou non, elles montrent purement et simplement que les institutions et les organes administratifs et juridictionnels fonctionnent très mal et ne sont pas capables de répondre aux attentes des citoyens de l’île. Ce n’est pas la première fois  de tels incidents  très regrettables parce que lourdement payés en vies humaines et dégâts matériels ont déjà eu lieu un peu partout. Il est inimaginable que le genre  de scénario avancé officiellement pour ce  village perdu d’Antsakabary puisse traduire les réalités. Les forces de l’ordre en général sont très enclines à ce type de représailles pour diverses raisons pas très avouables surtout dans les  régions « loin des princes » (tany lavitra andriana) qui nous gouvernent. Il s’agit là de la démonstration en grandeur nature de la mauvaise gouvernance dans toute sa laideur. Dans des cas pareils, il serait ridicule d’en vouloir au président Hery Rajaonarimampianina, lorsqu’il est flagrant que l’irresponsabilité et les carences du ministre  de la Sécurité Publique (même s’il a toujours bénéficié de la protection et du népotisme d’un Chef de gouvernement) n’est plus à prouver…

Ce que les décideurs en poste actuellement ne doivent oublier, c’est le risque qu’ils courent à force de ne plus se souvenir que dans les régions lointaines, les habitants se montrent hostiles envers les ressortissants des autres localités et qu’entre eux ils finissent par  se haïr. A l’origine, il ne faut jamais écarter les bavures graves, les formes de génocides qui ont marqué les expéditions lors des invasions monarchiques dans les royaumes périphériques. L’envoi des troupes par les souverains des hautes terres de l’époque pour soumettre les populations des provinces lointaines  risquent de revenir dans les mémoires et rappeler aux gens les tueries des populations de certains villages pratiquement détruits et les survivants vaincus emmenés et réduits à l’esclavage. Les récits historiques fourmillent d’exemples très déshonorants sur les conquêtes du temps jadis qu’il y a lieu de revoir les écrits de Deschamps cités par Joël Clesse si on ne  veut pas retomber dans les affres des règlements de comptes entre habitants  de l’île, à cause des faiblesses de personnes précises défaillantes dans l’exercice de leurs  fonctions étatiques. Il est indéniable selon les observateurs que : «  l’insécurité physique de la population, victime de vols, d’agressions, de kidnappings et de meurtres dans les villes comme dans les campagnes. Cette réalité se double depuis peu d’actions illégales perpétrées par des forces de l’ordre sans mandat ni justification, et non sans bavures, dont les auteurs sont toujours couverts par leur hiérarchie. »  A l’heure ou l’éventualité d’un remaniement est sur toutes les lèvres, le moment est venu pour le Chef de l’Etat d’agir en vertu de l’article 45 de la constitution sans tenir compte des influences malsaines de ses courtisanes et de son premier cercle. C’est le moment ou jamais d’arrêter de se leurrer sur une vision trop emphatique des réalités nationales.

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