Editorial: Marine Le Pen au pouvoir : Inquiétudes des clandestins malgaches
Marine Le Pen pourrait succéder à François Hollande. Le conditionnel est de rigueur pour l’instant. Cependant, les sondages indiquent qu’on risque de glisser du temps conditionnel au temps présent. Si Marine Le Pen accède à la magistrature suprême en France, elle s’attellera à son cheval de bataille qui est l’immigration. Les Malgaches qui vivent dans la clandestinité à Paris, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Lille, Strasbourg, Nice, Montpellier, Orléans, Rennes, Dijon, Aix-en-Provence, Tours, Grenoble, Rouen et Nancy (pour ne citer que ces grandes villes) commencent à suer à grosses gouttes car ils risquent l’expulsion du jour au lendemain. Ceux qui travaillent sans papiers dans les chantiers de construction, dans le secteur de l’agriculture et dans les sociétés de transports express de colis, ont du souci à se faire. Certains clandestins rasent les murs, encore plus qu’autrefois. D’autres fuient les foyers malgaches et les rencontres sportives malgaches. D’autres envisagent déjà de revenir à Madagascar, plutôt que de subir la honte d’une telle mesure administrative. Les clandestins ne seront pas les seules victimes d’une chasse à l’homme encouragée par la délation. Les Malgaches, ayant des papiers en règle, mais qui enfreignent régulièrement la loi, seront traqués. En effet, certains maires et préfets français n’attendent que l’investiture de Marine Le Pen pour mener la vie dure aux Malgaches professionnels des fraudes aux transports en commun, aux allocations familiales et aux habitats à loyer modéré. C’est normal et c’est tant mieux. Ce qui est moins normal, c’est que pendant ce temps, certains Français continueront vivre comme des princes à Madagascar, dans une parfaite clandestinité et en toute impunité, avec la bénédiction des autorités malgaches.
M. GASPARD
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