chronique de N. Razafilahy: Un système judiciaire malade de la partialité
Le trio statufié qui sert pratiquement de symbole de la Justice et qui se trouve dans la cour du Palais de Justice à Anosy, offre un spectacle pas très flatteur de tout le système judiciaire. A première vue, si l’observateur n’y fait pas trop attention le monument n’a rien de spécial. Mais quand on regarde de près et qu’on constate que la statue représentant le juge a perdu sa balance depuis belle lurette, alors on ne peut pas s’empêcher de réfléchir sur ce que les yeux voient.
Déjà en tant que statue de pierre qui représente un juge, pétrifiée comme elle est, en l’absence dans sa main de la balance, cet instrument qui, dans la profession qu’il exerce, sert de symbole, la scène prend alors une autre forme de représentation. Elle offre à toutes personnes qui daignent bien y accorder un peu d’attention, une image pas du tout rassurante en ce qui concerne les prestations juridictionnelles des hauts fonctionnaires en train d’officier dans les cabinets des tribunaux. Ce n’est point parce qu’ils sont tous atteint de cette maladie transmissible qui a pour nom la partialité sur commande, mais plutôt parce que les lois de ce pays ont été conçues et programmées de manière à favoriser une certaine classe de la société. Il a toujours été ainsi depuis la nuit des temps, et ceux qui ont pris la succession de ces « aînés » moulés dans l’esprit de la connivence malsaine pour l’exercice de leurs fonctions de magistrats. L’instrumentalisation de la justice ne date pas d’hier et si nous en sommes tous là actuellement, c’est qu’avant ces juges qui vivent parmi nous et qui sont soumis au bon vouloir et à l’oppression des personnalités de la politique politicienne. Ces personnages pervers, sous la pression de la cupidité dictent leurs ordres au nom des prérogatives qui ne sont même pas attachés à leurs fonctions et leur autorité. C’est tout le drame au quotidien des magistrats du Parquet et parfois aussi des juges de sièges. Combien d’honnêtes magistrats furent sanctionnés parce qu’ils n’ont voulu écouter que leur conscience et leur intime conviction pour appliquer la loi. Voilà pourquoi, il est temps que les règles de l’Etat de Droit doivent conduire vers la bonne administration de la justice. C’est bien beau de toujours tomber à bras raccourcis sur ces juges qu’on soupçonne de faire les jeux de tels ou tels intérêts, mais il faut aussi avoir l’honnêteté morale de reconnaître que les justices ne les aident pas du tout pour assumer l’indépendance à laquelle ils aspirent tant.
Rares sont les électeurs qui oseraient exiger de leurs députés et sénateurs d’agir dans le sens de l’intérêt général lors des décisions à prendre au Parlement sur les lois qui devront régir sainement et en toute intégrité l’application des lois. Depuis que sous l’ère Marc Ravalomanana, les parlementaires obéissaient au doigt et à l’œil à un usurpateur despote pour mettre en place des textes législatifs en faveur des intérêts industriels et commerciaux du GroupeTIKO, aucun député n’a interpellé publiquement pour faire cesser de tels abus. Ce Code Minier qui perturbe tant notre société actuellement et les exploitations frauduleuses des bois de rose auraient dû faire l’objet de motions parlementaires, mais rien n’a été fait. Terrorisés par les agissements dictatoriaux de l’homme d’Imerikasinina, les élus du peuple avaient préféré rampe plutôt que de faire front contre celui qui finalement sera emporté par le mouvement insurrectionnel salutaire de la Révolution Orange, L’intermède des membres du C.T et du C.ST au lieu d’arranger les choses n’avait permis que la pérennisation des dérives préjudiciables pour cette île. A l’heure qu’il est, les dirigeants en place, héritiers d’une Transition des mille et une fraudes se trouvent sous les fourches caudines des lois scélérates qui, au nom du principe de la non-rétroactivité des lois, favorisent et mettent tous les trafiquants des bois de rose à l’abri des rigueurs de la loi. Les autres fraudeurs notoires de l’or, de minerais précieux et autres et ressources de Madagascar titulaires du Doctorat P.D.H acquis à l’Institut Supérieur de Tsiafahy rien qu’en n’y passant quelques heures, quelques mois et même une année, excellent depuis dans l’art de corrompre les courtisans de la Présidence. Et puis vogue la galère, ils acquièrent le statut d’intouchables avec en prime parfois un badge officiel de conseiller dans les coulisses du pouvoir. A cause de tous ces maux, la justice de ce pays est réellement malade de la partialité et attendent vainement le justicier assez courageux pour nettoyer toute cette merde…
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