Trafics illicites: Ivato redevenu une passoire !

Même pas un clou ! Oui, les ordres du président de la République ne valent même pas un clou pour les trafiquants en en tous genres et leurs innombrables complices à l’aéroport d’Ivato qui est littéralement devenu ou plus précisément redevenue une passoire. Et pourtant malgré ses immenses charges, le chef de l’Etat en personne était descendu sur place, en mi-2016,  pour confirmer les informations parvenues et donner des consignes strictes pour que toutes les failles soient comblées pour empêcher les trafiquants et les terroristes opérer éventuellement, le sommet de la francophonie et ses exigences sécuritaires étant.

Durant presque une journée, le président s’est enquéri des procédures, a constaté les « trous », discuté avec les intervenants à l’aéroport avant de donner des consignes strictes. Après cette visite inopinée, aucun trafic illicite ne devrait plus être possible. Mais c’était sans compter la cupidité des trafiquants et de leurs complices mais aussi de la passivité et de l’incompétence de l’autorité compétente, l’ACM (Aviation civile de Madagascar).

Aussi après une courte période d’acclimatation aux consignes présidentielles, les trafics en tous genres reprennent. Qu’à cela ne tienne si les contrôles avant embarquement  rendent pratiquement impossible le passage de marchandises prohibées à l’exportation, on s’organise au niveau du tarmac dont l’accès est pourtant strictement réglementé, selon les instructions présidentielles..

En septembre 2016, des lingots d’or pensant 24,5 kg au total sont appréhendés sur un passager au bas de la passerelle de l’avion en partance pour Nairobi. Différentes sources que des gendarmes avaient, à la sortie de la salle d’embarquement le colis, remis le colis à un passager. Quelques jours après, le communiqué de la Gendarmerie nationale qui annonce ne protéger un de ses éléments en cas de faute grave, semble corroborer ces informations.         En janvier, ce sont 18 kg d’or qui sont appréhendés sur un couple malgacho-syrien. Cette fois-ci, ce sont des policiers qui auraient forcé le passage du salon d’honneur pour remettre le colis à la sortie de la salle d’embarquement.

Mardi, les gendarmes postés sur le tarmac (à la sortie de la salle d’embarquemen) découvrent sur un passager 4 lingots d’or pesant au total de 3 kg..

On ne parle pas des petites saisies de quelques centaines de gramme qui sont assez fréquentes. Est-ce ce que ces petites saisies son conséquences graves pour leurs détenteurs constituent littéralement la poudre qui cache les importantes expéditions ?

En tout cas, l’impunité manifeste avec laquelle le réseau opère avec les gendarmes et les policiers et peut-être aussi d’autres entités, encourage ces trafics. Sur les saisies de 24 et 18 kg respectivement, c’est pourtant un proche du chef d’Etat, le ministre des Finances en personne qui est monté au créneau. Au final, rien. Aucune sanction. Aucun changement à l’aéroport où l’autorité compétente, l’ACM,  est forcément soit complice soit incompétente.  Les deux à la fois n’est pas exclue.

D’abord, elle ne sait pas organiser l’aéroport et/ou n’a pas l’autorité compétente pour empêcher les trafics illicites. Mais en plus, elle est  négligente et/incompétente en matière de sécurité des vols. Du moins si l’on juge au crash du petit avion monomoteur à Ivato, mercredi.. De sources près des techniciens qui ont requis l’anonymat, cet accident serait du à une panne sèche de carburant. L’avion qui n’avait que 3hures et demie d’autonomie de vols avait fait un aller-retour Antananarivo-Maintirano qui se fait normalement en 4 heures. Titulaire d’une licence PPL (private pilote licence), la pilote aurait pris ses précautions en chargeant avec elle un jerrican de carburants, le petit aérodrome de Maintirano étant dépourvu de structures d’avitaillement des avions en carburants. Cela n’aurait pas suffi à cause d’une longue attente en l’air à cause du trafic à l’arrivée à Ivato.

Sans ce jerrican, la panne sèche aurait donc du se produire bien avant d’atterrir à Ivato. Ce jerrican est pourtant interdit par l’ACM pour des raisons de sécurité. Par ailleurs, l’ACM doit connaître les caractéristiques et les capacités de l’avion qu’elle et elle seule a homologué pour pouvoir voler dans le ciel malgache. Bref, l’avion ne pouvait faire l’aller-retour Antananarivo-Maintirano. Pourquoi donc l’ACM a donné la « clearence » au plan de vol de l’avion sur la base duquel l’Asecna organise et surveille le vol proprement dit. Si ce n’est de l’incompétence, c’est quoi ?

En tout cas, ce crash n’aurait pas eu lieu si une visite avait été faite sur l’avion et saisir le jerrican. Et si cette étape qui devrait figurer dans un cahier de procédures (si cela existe) n’était pas suivie pour ne pas déranger les petits avions susceptibles de transporter des marchandises prohibées ?

Sa

Ajouter un Commentaire