Dons de la première dame : d’où vient le financement ?
Don de denrées alimentaires pour les 6 arrondissements de Tanà, pour les personnes âgées de Mahajanga et bientôt des dons de la même nature pour les chefs-lieux de province… La première dame, Voahangy Rajaonarimampianina se bouge beaucoup ces derniers temps, surtout depuis que les formations politiques semblent être toutes dans les starting-blocks pour les présidentielles de 2018. Sur les ondes de la radio nationales hier soir, un journaliste a même baptisé la première dame de « mère chérie des Malagasy » ! Mais d’où vient le financement de ces dons de denrées alimentaires, de ces soutiens à des infrastructures hospitalières ou encore à des centres de formation pour les femmes, des centres d’accueil d’enfants victimes de violences… ? La loi de finances ne prévoit aucune ligne budgétaire pour l’épouse du président de la république. Est-ce donc de la philanthropie ou son mari prélève-t-il sur le budget de la présidence pour financer les actions sociales de sa femme, etc. ? La deuxième option est illégale. Mais ces différentes suppositions laissent entendre l’opacité qui entoure le financement de ces dons effectués par la première dame. Cette pratique ne date pas d’aujourd’hui puisque les autres ex-premières dames ont procédé pareillement.
Mais si certaines d’entre elles ont mené plus ou moins régulièrement des actions sociales tout au long du mandat de leur mari respectif, celle du régime actuel le fait de manière plutôt ponctuelle. Seulement ces derniers temps, elle est de plus en plus visible. Une présence qui coïncide avec l’effervescence politique autour des présidentielles. Est-ce à dire que ses mouvements s’apparentent à une propagande déguisée en faveur de son époux ? Rappelons que durant les premières semaines des fortes poussées inflationnistes de janvier dernier, la première dame était absente de la scène sociale. Sa réapparition a coïncidé, une fois de plus, avec l’arrivée des cargaisons de 40 000 tonnes de riz, censées enrayer la hausse des prix. Elle s’est matérialisée par le don de riz et d’autres denrées alimentaires pour les ménages nécessiteux des 6 arrondissements de la capitale. La première dame a profité de l’occasion pour dénoncer la rétention de stocks comme étant responsable de la forte hausse des prix. Des grossistes professionnels ont toutefois affirmé que cette inflation grimpante n’avait rien à voir avec la rétention de stocks.
En revanche, la forte poussée des prix du riz est rondement organisée tous les ans à la même période par des riches opportunistes et informels de mèche avec des hauts responsables étatiques. Elle porte sur des produits de base comme le riz, l’huile alimentaire, le sucre, la farine, etc. La rétention de stocks évoquée par les autorités et relayée par la première dame ne se pose donc pas. Des grossistes remarquent d’ailleurs qu’à cette période, le pouvoir d’achat des consommateurs les oblige à acheter la moitié ou même le quart de ce qu’ils ont l’habitude de prendre. Ainsi, les grossistes ne demandent qu’à écouler leurs stocks. Sinon, il faut rappeler que la forte augmentation des prix du riz (25% en 2 semaines en janvier dernier) a eu lieu quelques temps après les statistiques effarantes sur la production de riz de contre-saison 2016-2017 balancées par le ministère du commerce. Ces différentes coïncidences laissent quelque peu perplexes.