Investissement: Formaliser le secteur informel

Un grand nombre d’investisseurs ont misé gros sur un pays comme Madagascar, pour faire fructifier et pérenniser leur projet, et ce malgré l’instabilité économique qui existe. Mais tout investisseur pur, comprendra à la longue que c’est la « politique » qui régit tout dans ce pays. Et à défaut de connaître les bonnes personnes ou de disposer de moyens financiers suffisants, ils pourraient voir leur projet tomber à l’eau. Pour tout nouvel investisseur, il faut savoir que le secteur informel règne en maître, et ce à tous les niveaux.

Commençons d’abord au sommet de l’Etat. Si le formalisme exige des procédures administratives dont la base est la transparence des transactions, très peu de responsables étatiques les respectent. Par conséquent, les trafics en tous genres pullulent. Bois de rose, tortues, pierres précieuses et même d’être humains, rien n’a été oublié. Si les organes de presse font choux gras de ce genre d’affaire, de leur côté, les politicards corrompus et véreux ne veulent rien entendre. Officiellement, tous les trafics sont réglementés. Bien entendu, pour rentrer dans cet univers « élitiste », il faut des moyens, notamment financiers. Il est évident qu’une partie de la somme investie servira à corrompre tout le système administratif. Et pour les investisseurs qui l’ignorent encore, l’organisme Transparency International a classé, à juste titre, Madagascar dans l’un des pays les plus corrompus et les plus corruptibles du globe. On comprend maintenant comment un groupe minoritaire d’individus peut s’enrichir sur le dos de gens honnêtes. Des affaires transactions informelles de haut niveau.

Sur une plus petite échelle, il y a ceux qui se lancent dans le secteur informel tout simplement pour pouvoir se nourrir, tout du moins préserver le minimum de dignité humaine qu’il pourrait accaparer. Oui, il s’agit bien des vendeurs à la sauvette que l’on peut rencontrer à proximité de n’importe quelle grande rue des villes. La différence, c’est que ceux-là sont sévèrement réprimander, et pire encore, traiter comme des parias d’une société dénuée de tout repère censé. Du vendeur de cacahuète au vendeur de brocante, et parfois même les vendeurs de vêtements, tout le monde y passe : tous sont hors la loi. De quelle loi parle-t-on ?

Au milieu de tout cet irrespect de formalisme, il y a ceux qui sont en règle par rapport aux exigences administratives. Des investisseurs qui en prennent un grand coup. De quelle manière peut-on préserver les investisseurs si rien ne se déroule dans les normes. Dans un contexte aussi pollué, il serait tout de même envisageable de miser sur l’équité.

Comme on dit, l’exemple vient d’en haut, et si en haut rien ne change, il n’y aucune raison pour que ceux d’en bas envisagent de changer leurs habitudes. Pour combien de temps encore allons nous voir des trafics de grande envergure faire la une des nouvelles ?

Johan R.