Cyclone Enawo: Prévention en route mais sans travaux de reconstruction ?

Ce cyclone appelé à devenir intense selon les prévisions météo risque de traverser le pays de part en part. Certes, beaucoup de régions ont besoin de précipitations après ces quelques mois de sécheresse, mais il se peut que les dégâts socioéconomiques soient lourds. La prévention est très bien organisée puisque le comité local du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) dans de nombreuses localités du Nord-est se prépare avec les autorités et la population. Ce n’est pas une première puisque le pays est en avance en matière de prévention des catastrophes concernant notamment les cyclones. Investir l’équivalent de 1 dollar dans la prévention permet de gagner 5 dollars, d’après les spécialistes de la gestion des risques et catastrophes. A contrario, ne pas investir 1 dollar dans la prévention, c’est s’attendre à enregistrer des pertes de 5 dollars. Madagascar se bouge beaucoup côté sensibilisation. Et ce secteur-là est lié à la prévention. Mais la mise en œuvre des normes comme celles pour les infrastructures hydro agricoles ou encore pour les constructions routières fait aussi partie de la prévention. Des textes régissent déjà ces normes.

D’aucuns savent pourtant qu’à Madagascar, l’inflation de textes est chose courante alors que la mise en application laisse souvent à désirer. Or, elle s’inscrit dans la prévention si l’on prend le cas des normes liées à ces infrastructures économiques. La sensibilisation de la population à elle seule n’est donc pas suffisante pour parler de prévention. L’économie aussi est concernée mais c’est là que des lacunes sont observées. Il n’y a qu’à revenir sur la route de la francophonie emportée par les grosses pluies d’une nuit, il y a quelques mois de cela. Les normes n’étaient donc pas au rendez-vous. Et l’on se rappelle ces gros tronçons de route emportés par des cyclones vers la fin des années 2000… Autrement dit, Madagascar, le premier pays africain le plus exposé aux cyclones et le 3ème au monde, ne met pas encore en place tous les dispositifs nécessaires pour une prévention à même de lui éviter d’importants dégâts et pertes socioéconomiques. Et l’on ne sait pas encore ce que le cyclone Enawo va laisser dans son sillage, d’autant plus qu’il est censé entrer sur la côte nord-est pour traverser les hautes terres et sortir par le Sud. Les services de la météo estiment que ce phénomène risque de devenir un cyclone intense avec des vents très forts qui pourraient frôler les 200 km/h.

A une telle vitesse, les constructions et infrastructures non respectueuses des normes anticycloniques risquent de subir de gros dommages, sans parler des menaces qui pourraient peser sur de nombreuses vies humaines. Outre la question des normes pour les infrastructures, l’on ne doit pas non plus oublier que le pays ne dispose pas d’un mécanisme de financement pour la période post-catastrophe. Il faut souvent attendre les bailleurs de fonds pour les travaux de reconstruction. Toutefois, la position très délicate du pays par rapport aux cyclones et aux autres cataclysmes naturels devrait l’inciter à mettre sur pied un mécanisme de financement pérenne. (Voir, également, articles, par ailleurs)

Fanjanarivo

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