Dirigeants et dirigés: Relations malsaines
Les élus sont confortablement installés à leur poste, sur la base de promesses électorales non tenues. Ils souhaitent être réélus en répétant les mêmes engagements qu’ils ne respecteront pas. Tout cela se fait sur le dos de la population et au mépris de celle-ci. Cette situation, génératrice de frustrations, a fini par lasser. Elle explique en partie la recrudescence des vindictes populaires. On nous avait promis une lutte acharnée contre les actes de corruption et un combat sans merci contre les trafics. Rien n’a changé. Tout ne fait qu’empirer. Dépossédés de tout, souvent par ceux qui possèdent déjà tout, les gens se révoltent à leur façon car leur soif de justice n’est pas assouvie par un système judiciaire soumis au pouvoir politique et à l’argent. Aucune stabilité durable ne sera trouvée avec, d’un côté, une minorité possédée par la rage de rester au pouvoir pour mieux s’enrichir et, d’un autre côté, une majorité possédée par la rage de survivre. Le régime est sourd aux revendications et quand il agit, c’est pour réprimer en se trompant de cible. Au final, les gens ont recours à une justice populaire spectaculaire pour attirer l’attention sur eux mais paradoxalement, ils agissent avec barbarie de manière collective pour mieux rester dans l’anonymat. C’est bien la preuve que les relations entre dirigeants et dirigés sont devenues plus malsaines que jamais.
Folojaona