Edito: Onitiana Realy à New York, Double choc des sinistrés
Le bilan du cyclone ENAWO est lourd et il n’est que provisoire. On dénombre au moins 50 morts et des milliers de blessés et de sans-abris. Autant de maisons ont été emportées par les eaux déferlantes, les écoulements de boues et les rafales de vent.Des milliers d’hectares de cultures ont été dévastées et d’innombrables têtes de bétail ont été décimées. La famine, la peste et le choléra pointent leur nez. Ce cataclysme naturel a été un premier choc pour les sinistrés. Le second choc vient du fait que les secours de la part des autorités malgaches ont tardé à venir. Comment pourrait-il être autrement quand on sait qu’Onitiana Realy, Ministre de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme, était à New York ? On veut bien croire qu’elle s’est rendue là-bas pour une mission d’Etat de la plus haute importance mais qu’on nous explique en quoi son voyage était plus urgent que la vie de milliers de sinistrés désœuvrés. Son sens des priorités est discutable. La présence d’Onitiana Realy était indispensable à Madagascar mais non pas aux Etats-Unis. Elle aurait pu déléguer sa mission à l’étranger à son Secrétaire Général ou à un directeur mais elle a préféré s’y rendre personnellement. Est-elle partie à l’autre bout du monde pour fuir la réalité de son pays ou bien pour éviter que ses larmes torrentielles n’aggravent les inondations ? Avec désinvolture, elle a imposé à ses compatriotes dans l’extrême détresse, l’expression cruelle « miandry fa gasy » (littéralement tu attends car tu es malgache).
Lors d’un désastre humanitaire, un ministre en charge de la Population doit être sur le terrain, être aux chevets des sinistrés, appeler les hôpitaux, superviser la coordination des secours, suivre la situation d’heure en heure et communiquer sans cesse. Bref, un ministre en charge de la Population doit être à la hauteur de la situation, surtout en cas de coup dur et même avec des moyens dérisoires, à la manière de la regrettée Feue Nadine Ramaroson. En quoi Onitiana Realy est-elle utile à son poste ministériel si elle ne sait ni prendre des responsabilités, ni les déléguer ? On sait bien qu’à Madagascar, lorsqu’un ministre quitte le territoire, plus personne n’ose prendre des décisions. Dans son ancienne vie de journaliste, Onitiana Realy était prompte à dénoncer les agissements irresponsables des personnalités politiques, lors de ses émissions télévisées. Aujourd’hui, elle n’a aucun scrupule à reproduire le même schéma odieux et honteux. En tant que journaliste, elle remplissait son devoir d’informer. A présent qu’elle est ministre, elle n’accomplit pas son devoir de servir son peuple.
Ranary