Vindicte populaire: Il n’y a pas de fumée sans feu

La justice populaire gagne du terrain au niveau de la Grande Ile frôlant ainsi l’inquiétude dans la société d’autant plus que l’insécurité ne cesse de s’accroître dans le pays.  Une conférence débat s’est tenue à l’Arrupe Faravohitra le 18 mars dernier ayant pour thème « La vindicte populaire : y a-t-il d’autres alternatives ? ». Les vraies sources du problème résultent de la défaillance de la justice au niveau national due à la corruption qui mine le pays. Comme les citoyens ne croient plus en l’équité de la justice, ils préfèrent se faire justice par eux-mêmes. Ces actes répressibles par la loi se font de plus en plus fréquents, une chose est sûre tant que la capacité de la justice ne sera pas mis au point, cette situation ne cessera de s’amplifier. L’affaire d’Antsakabary n’a même pas fini de faire des vagues des cas de vindicte se sont déjà manifestés dans la localité d’Ambanja causant 6 blessés suite à l’affrontement entre les forces de l’ordre et la populace en furie. Imbiky Anaclet, ancien ministre de la Justice avait spécifié lors de la conférence qu’il est facile de réprimander les actes de vindictes populaires mais il n’empêche qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Il a également souligné que les causes des vindictes populaires sont l’inefficacité des services de sécurité et de la justice due à la corruption causant ainsi une perte de confiance envers les institutions.  Il serait plus que nécessaire de trouver un moyen adéquat pour éradiquer la corruption au sein de ces institutions, sinon la situation tendra à s’aggraver un peu plus. La lutte contre les vindictes populaires passe donc obligatoirement par la lutte contre la corruption qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans presque tous les secteurs d’activité. Instaurer des chartes ou pactes sociaux élaborés par la population est aussi une nécessité permettant aux habitants de chaque localité de se défendre légitimement face aux bandits et malfaiteurs, affirme encore Imbiky Anaclet.

Jean Riana