Liberté d’expression: Les Etats-Unis ne sont pas un exemple

Les Etats-Unis ont exprimé leur préoccupation face à la condamnation à un an de prison ferme de Hiary Rapanoelina, administrateur de blog. La justice malgache a eu la main lourde, puisque le Ministère Public a continué les poursuites, malgré le retrait de plainte de la partie civile. Cette condamnation, excessivement dure car politiquement motivée, constitue une violation flagrante de la liberté d’expression. Choquante et absurde, elle ne fait pas honneur à la justice malgache, tellement soumise au pouvoir politique. On ne peut donc que la contester avec la extrême fermeté. Pourtant, la dénonciation de cette condamnation est malvenue de la part des Etats-Unis. Premièrement, l’ingérence de Washington dans les affaires internes malgaches est inacceptable en ce qu’elle porte atteinte à la souveraineté de la justice malgache aussi mauvaise soit-elle. Comme à l’accoutumée, la diplomatie malgache accepte sans broncher. Son silence est un aveu d’impuissance. Deuxièmement, les américains devraient balayer devant leur porte avant d’ouvrir leur grande bouche. Comme la France qui se prétend à tort championne de la liberté d’expression, les Etats-Unis ne sont pas les superchampions dans ce domaine. En effet, les autorités américaines pourchassent sans relâche Edward Snowden et Julian Assange. Le premier est un informaticien américain. Il est accusé par les Etats-Unis d’espionnage et de vols de biens gouvernementaux alors qu’il n’a fait que livrer de documents authentiques sur les programmes de surveillance de masse par Washington. Le second est un informaticien australien. Il est accusé, par les Etats-Unis, d’espionnage alors qu’il n’a fait que livrer, à travers le site Wikileaks, des preuves tangibles sur les massacres commis par l’armée américaine en Irak. Par conséquent, les Etats-Unis sont mal placés pour donner des leçons sur la liberté d’expression.

PN et Folojaona

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