Journée mondiale de l’eau: Les eaux usées, un problème critique pour le pays
La journée mondiale de l’eau célébrée hier avait pour thème « les eaux usées » pour cette année. A Madagascar, les eaux usées tuent, selon l’agence de presse internationale IRIN. En effet, les eaux usées se confondent avec les eaux de pluies et inondent de nombreux quartiers en cas de cyclone ou d’inondations. Ces eaux sales sont porteuses de maladies comme la diarrhée et font aussi proliférer les moustiques, vecteurs du paludisme. Les rats prolifèrent également avec les déchets et les eaux usées. Et comme on le sait, la capitale n’est pas épargnée par la peste, comme on l’observe presque tous les ans. De plus, près de 70% des toilettes de la capitale sont des latrines à fosse, d’après des ONGs. Cette situation est à la source de plusieurs maladies. Des ONGs parlent même de maladies transmises par l’eau et qui constituent une bombe à retardement pour la ville. Et elles parlent du choléra. Cette maladie désastreuse n’a plus cours à Madagascar depuis des décennies. Mais la misère noire et l’absence d’un mécanisme pour le traitement des eaux usées et les grands problèmes d’assainissement peuvent se conjuguer pour aboutir à un tel fléau. Comme quoi, une épée de Damoclès pèse régulièrement sur la capitale, notamment pendant la période des pluies, c’est-à-dire entre novembre et mars.
Pourtant, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) souffre de plusieurs maux dont le conflit quasi-permanent entre ses autorités et l’Etat central. Puis, la capitale, toutefois dotée de statuts particuliers, ne bénéficie pas d’un traitement spécifique de la part de l’Etat. La subvention étatique allouée à la commune est de 12 millions Ar pour cette année, soit le même montant que pour toutes les communes. Est-ce équitable de répartir la même subvention pour des toutes petites communes rurales et la capitale ? Ces collectivités n’ont ni la même structure démographique, ni le même volume d’infrastructures, ni les mêmes intérêts socioéconomiques, ni les mêmes besoins… Avec ses 2 millions de population et leurs besoins ainsi que les 55% du PIB qu’elle génère, la capitale n’a droit qu’à une subvention de l’Etat de 6 Ar/tête ! Comme toutes les communes pourtant, la CUA n’arrive pas à exploiter de manière optimale le gisement fiscal local. Rien que pour la fiscalité foncière, les recettes devraient être multipliées par 2 ou par 3, selon l’estimation de la Banque mondiale. Il en est de même pour les redevances sur les activités commerciales (marchés, etc.) Ce qui veut dire que la commune n’est pas dotée des ressources nécessaires dont elle a besoin pour son développement.
Parler de traitement des eaux usées et de grands travaux d’assainissement relève ainsi de l’utopie. Ce qui signifie qu’une bonne partie de la population tananarivienne est toujours condamnée à patauger régulièrement dans des eaux sales et vecteurs de maladie. Au-delà de la célébration habituelle de la journée mondiale de l’eau, le pays devrait ainsi voir comment résoudre les problèmes qui tournent autour de ce secteur. Car à part les situations malsaines véhiculées par les eaux usées, l’accès à l’eau potable demeure également problématique. 57% de la population n’en bénéficient pas encore, selon les données officielles.
Fanjanarivo