chronique de razafilahy: Pour le changement ? ni radicalisation, ni révolution…

A partir des dernières constatations polies, édulcorées et combien diplomatiquement hermétiques de la mission du F.M.I pour la première revue de la FEC de cette année 2017, n’importe quel profane peut se faire une idée très précise de la situation économique actuelle de Madagascar. C’est justement parce que selon la déclaration M. Marshall Mills « les performances économiques de Madagascar ont été encourageantes avec une croissance PIB de 4,2% en 2016. Les perspectives macroéconomiques à court terme sont généralement positives, (…) » et patati et patata. Lorsqu’il ajoute sur un ton presque compatissant que « cette perspective est assombrie par la sécheresse sur les hauts plateaux et le cyclone qui a touché le nord-est », le doute est permis quant à se fier sur l’éventualité d’un proche futur radieux des finances publiques de l’Etat. Tout le reste n’est que du charabia entre technocrates…

En réalité, tout un peuple est obligé d’assister impuissant à une partie d’échec cynique qui se joue entre les envoyés des bailleurs de fonds et des responsables étatiques soucieux de jouer la comédie du pouvoir pour durer dans l’exercice des prérogatives étatiques. Même s’il pensent qu’«à moyen terme, les  autorités malgaches visent à rompre avec le profil historique de faible croissance de Madagascar en augmentant les dépenses prioritaires et en accélérant les  réformes» (efforts visibles  et louables d’un ministre des Finances et du Budget déterminé à jouer un rôle objectif dans sa mission), dans le système il y a des  cactus…Le niveau de paupérisation de la population reste et  demeure un des boulets que le régime de  Hery Rajaonarimampianina devra traîner longtemps encore à cause d’une mauvaise gouvernance persistante (héritage des crises successives depuis l’ère de la voyoucratie au pouvoir en 2002. Faut-il encore rappeler ici comme notre collègue Ralay le disait si bien hier dans nos colonnes, sous le titre tristement railleur de « Fampahantrana manara-penitra » (appauvrissement dans les règles). « Le peuple n’aurait pas fait tomber du pouvoir Marc Ravalomanana en 2009 s’il  s’est senti plus heureux  que lors des régimes précédents. C’est trop clair, parce  que si la masse l’avait installé au pouvoir en 2001, c’est pour qu’elle n’ait plus à vivre dans la pauvreté…»,  avait-il écrit. Il continue en précisant que ce n’était pas  du tout à cause  de la lutte populaire de la Transition que la décadence s’est aggravée. Ralay va jusqu’à affirmer que la mauvaise tournure de la situation économique était surtout la conséquence des pirouettes et des  manœuvres pervers de la communauté internationale à l’endroit des dirigeants de la Transition. Il fait état dans son article en malgache de la continuation des menées géopolitiques internationales qui ne  visent que l’affaiblissement de notre pays dans le concert des nations. Sinon que penser de ces  constats lucides des analystes de renom qui n’hésitent pas à affirmer dans des débats de haut niveau à Paris « Depuis son indépendance, Madagascar affiche une trajectoire économique en récession continue, marquée par le retour périodique de crises multiformes. Les différents changements, aussi bien de stratégies économiques que de régimes politiques, n’ont permis ni d’inverser la dégradation du niveau de vie de la population, ni de stabiliser la vie politique. » 

Devant une réalité aussi  aberrante que honteuse pour l’élite du pays, les réactions divergent mais se mobilisent vers l’avènement d’une alternance susceptible de conduire à un mieux-être d’une population que les mêmes experts trouvent  décevant en faisant « ressortir les facteurs de crise à Madagascar, à travers l’histoire de sa culture politique, l’étude de l’évolution de ses élites et de leurs liens de parenté, l’analyse du positionnement politique de ses institutions religieuses ou l’examen du contrôle de l’exportation de ses matières premières. Mauvaise gouvernance, affairisme et partage inégal des richesses sont au final quelques-uns des obstacles à la croissance et au développement durable de Madagascar. Un fossé permanent subsiste entre la population et une oligarchie dirigeante armée d’un pouvoir autoritaire régulièrement à bout de souffle. » Des constats lucides qui finalement le conduisent à conclure finalement que « Le pays, malgré le processus électoral de 2013, est aujourd’hui toujours dans l’impasse.»

 Laquelle impasse de manière répétitive incite les dirigeants à opter des solutions qui, souvent vont à l’encontre des idées que la communauté internationale se fait des aides et appuis financiers. Si bien qu’à l’heure  qu’il est, comme  du temps du Pr. Albert Zafy, acculés contre le mur de l’incompréhension des partenaires institutionnels avec leurs conditionnalités draconiennes, les décideurs sont tentés  de se tourner forcément vers les largesses des financements parallèles. Le hic dans ces solutions hors normes, c’est que le plus souvent les tentations sont grandes pour plonger  dans les propositions malsaines et contraignantes de l’argent sale et les ententes obscures entre ceux qui disposent des fonds et les négociateurs qui n’hésitent pas à  mettre sur la balance même le sort de l’intégrité territoriale et toutes nos ressources vitales…Alors  que selon des personnes de  bonne foi, il suffit de faire valoir la souveraineté nationale pour la gestion honnête et rationnelle de nos richesses. Pour ce faire, un civisme doublé d’un patriotisme jaloux des intérêts nationaux s’impose vis-à-vis de tous les partenaires. Inutile de verser dans une radicalisation rigide stérile ou de recourir à une révolution inutile quand on peut se servir de nos lois pour imposer la volonté du corps social. Tout le reste n’est que verbiage de politicards cupides.

Commentaires   

0 #1 THAINA 26-03-2017 11:31
Madagascar Animation Culturelle pour la Refondation et la Stratégie du développement (Pr TAHINA) a prévu dans ses ACTIONS actuelles à Madagascar: une véritable et pertinente PÉDAGOGIE d’EDUCATION CITOYENNE de haute qualité et l’EDUCATION au PATRIOTISME avec sa déclinaison sur le patriotisme économique stratégique dans une MONDIALISATION en vérité très dangereuse car SANS Institutions de GOUVERNANCE crédibles.
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