Redressement de la filière vanille dans la Sava: L’absence de responsabilité de l’Etat dénoncée par les planteurs
L’avenir de la filière vanille à l’allure où se présentent les choses est plus que jamais préoccupant.
La recrudescence de vols de vanille verte sur pied met en péril toute la filière. Décidés de combattre ce fléau parce que c’en est bien un, les planteurs de vanille affiliés aux syndicats Fimpala et Sempala ont tenu une réunion avec des représentants de la plate-forme nationale de la vanille et les autorités civiles et militaires de ladite Région dont le chef de Région Sava, le sénateur Angelin Befitoto, le chef dudit District, le vendredi 17 mars dernier à Andapa. Tous les participants sont unanimes : Le label Madagascar est fortement menacé. Il est vrai que la vanille encore immature volée nuit à la qualité de celle-ci. La sécurisation de la filière a été longuement discutée durant cette réunion. Le président d’honneur de ces deux syndicats (Fimpala et Sempala) Issouf Mevazara et non moins vice-président de la Prcp Sava connu pour son franc parler a été clair sur le sujet. « Je ne suis pas venu à la Prcp pour sécher le linge au soleil. Le Brésil a ses footballeurs, le Congo (Zaïre) ses musiciens et Madagascar ses planteurs de vanille. D’où le titre élogieux « Antalaha » capitale mondiale de l’or vert. La sécurisation de la filière vanille s’impose et on doit mettre un terme à la justice à 2 vitesses. La loi doit être la même pour tous » a-t-il déclaré. En effet, à Sambava par exemple, le terme « Gros poisson » est très en vogue. « Chez nous à Sambava, les gros poissons passent toujours entre les mailles du filet. Si cela devait continuer le combat contre la recrudescence de vol de vanille verte serait vain mot » ont expliqué des planteurs de vanille avant de pointer du doigt le préfet. Pour mettre un cran d’arrêt à l’achat de vanille immature les planteurs de vanille ont fait savoir que ce dernier doit réunir les chefs des Districts de la Sava pour l’application du « Dinam-paritra ». Questionné sur les critiques qui fusent de partout contre le T.P.I (tribunal de première instance) d’Antalaha suite à la libération d’une personne impliquée directement dans une affaire de 300 kg de vanille volées à Sambava- Centre dernièrement et mis en sous vide, Issouf Mevazara avec ironie a répondu « on ne dîne pas avec le diable même avec une longue fourchette ».
Le cadet des soucis de l’Etat
En fait, la filière vanille aux yeux des planteurs de la Sava semble le cadet des soucis de l’Etat. En effet comment par exemple expliquer que l’Indonésie qui a commencé avec 0,5 taux de vanilline arrive aujourd’hui à produire de la vanille avec un taux de 1,25 de vanilline la même Indonésie qui auparavant importait la vanille de Madagascar. Tout simplement parce que ses dirigeants en font une priorité et encouragent les recherches en vue d’améliorer la qualité de leurs productions. Pour Issouf Mevazara, les ateliers sur la filière vanille qui se tiennent à Sambava chaque année deviennent le plus souvent des foires d’empoigne entre les catégories professionnelles de la filière. « Je me demande s’il y a quelqu’un là- haut qui s’intéresse vraiment à la filière vanille. Nous devons avoir le courage de faire une approche clinique de la vanille, connaître son anatomie et sa pathologie si nous voulons monter dans le train de l’histoire de redressement de la filière » a-t-il souligné. Pour ainsi dire que si l’Etat ne prend pas ses responsabilités les planteurs de vanille de la Sava regroupés dans les syndicats Sempala et Fimpala vont prendre leur propre destinée en main. Une gifle à l’endroit du ministre du commerce.
Mutuelle générale agricole
Parmi les résolutions prises à l’issue de la réunion qui s’est tenue à Andapa le 18 mars dernier figure le projet de mutuelle générale agricole, l’élargissement des syndicats des planteurs de vanille et à long terme la mise en place d’une Cour d’arbitrage de vanille. Par ailleurs, des observateurs se sont accordés à dire que la Pnv (plate forme nationale de vanille) ainsi que les Prcp doivent être dirigées par des responsables à poigne. Les planteurs de vanille de la Sava désormais visent loin et envisagent en guise d’exemple de prendre part à l’exportation de leurs produits.
S.I.