Trafics d’or : un bijoutier dans le coup !
2,240 kg d’or. C’est la quantité d’or que les gendarmes ont saisi mardi dernier sur deux ressortissantes indopakistanaises en partance vers Maurice. La quantité paraît minime par rapport aux précédentes saisies effectuées à l’aéroport d’Ivato ou encore des affaires concernant des exportations illicites de 180 kg et 18 kg d’or traitées par le Bianco et dont les auteurs présumés ont été déferrés à la chaîne pénale anti-corruption d’où émane depuis un silence de cathédrale. Comme d’habitude.
D’aucuns croyaient alors que la Gendarmerie a médiatisé cette « petite » quantité tombée du ciel pour pouvoir répondre aux douaniers qui ont donné un ultimatum d’une semaine pour déclencher une grève si les gendarmes continuent de procéder sur le tarmac de l’aéroport international à des fouilles économiques sur les passagers qui seraient les prérogatives des seuls douaniers.
En montrant les 2,240 kg d’or, la Gendarmerie aurait voulu montrer qu’elle est efficace sinon cette cargaison que les douaniers n’ont pas pu saisir, aurait déjà franchi nos frontières. Mais c’était aussi pour clamer haut et fort que la Gendarmerie est dotée de mission de police en matière de sécurité, mais aussi de police judiciaire, de police minière et police économique.
Au-delà de la guéguerre entre douaniers et gendarmes à cause de l’incompétence de l’ACM qui partout dans le monde est la haute autorité de l’aviation civile et organise le fonctionnement des aéroports, la cargaison saisie cette semaine ne constituerait que la partie immergée de l’iceberg. Des sources proches du dossier indiquent notamment que les gendarmes ont pu enfin frapper une filière qui serait active depuis fort longtemps. On ne sait pas si ces sources sont celles qui ont permis à la gendarmerie de procéder à la fouille des parties intimes des 2 femmes où a été dissimulé l’or, mais le nom d’un certain Raj Rajnikant Kalidas surnommé Rajiv est évoqué comme le cerveau de l’opération.
Ce bijoutier tient commerce dans la capitale, mais aussi à Mahajanga, Ambanja, Antsiranana et Toamasina. Une activité qui servirait à collecter puis exporter illicitement de l’or à l’étranger. Personne ne pouvant être mieux servie que par soi-même, ce seraient les membres de sa propre famille qui convoyaient l’or vers Maurice et de là rejoindre l’Inde ou les Emirates. L’une des deux femmes arrêtées à Ivato, Anita Kalidas, a sans doute expliqué le mode opératoire consistant à faire partir des femmes avec, entre autres, d’importantes quantités de bijoux sans que l’obligation de rapatriement soit respectée. Cela suppose une complicité au niveau des autorités aéroportuaires concernées.
En tout cas, ce serait depuis un bon bout de temps que le bijoutier s’est livré à cette activité illicite qu’il continuerait malgré les nouvelles dispositions sur l’exportation d’or. Les taxes à l’exportation seraient-elles plus importantes que les frais engrangés par les trafics avec tous les risques ? Avec la formalisation de son activité, il aurait pu faire rapatrier librement les fonds générés pour développer la collecte et étendre ses affaires. Aujourd’hui , il risque d’être inculpé de trafic de devises et de blanchiment en plus du trafic d’or. A condition que l’affaire ne suive les mêmes chemins que les autres : l’abysse.
Sa
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