CHRONIQUE DE RAZAFILAHY: Claudine Razaimamonjy l’intouchable chez les gendarmes

A la grande stupéfaction de tous, l’interpellation de Claudine Razaimamonjy hier a été comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. En l’absence d’informations précises sur les  détails de sa présence aux bureaux de la Gendarmerie Nationale à Ankadilàlana, les rumeurs les plus folles avaient très vite fait le tour des rédactions de la capitale. D’abord personne ne croyait qu’il serait possible un jour de voir une telle personne se plier de la sorte aux exigences de la loi. Longtemps cités dans des dossiers sur les octrois abusifs des marchés publics  assortis de paiement des factures faramineuses sur des travaux relevant de l’administration en général, la dame a toujours su éviter le genre de désagrément qu’elle a  subi hier.

Sauf erreur de notre part, dame Claudine, une personnalité très proche, voire même intime du couple présidentiel ferait actuellement l’objet des enquêtes diligentées par Bianco. En tout cas, l’affaire de la réhabilitation des bâtiments de la Commune Rurale d’Ambohimahamasina avec des suspicions très lourdes qui pèsent sur elle, avait provoqué un tollé général au sein de l’opinion. L’implication directe du Premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a fait à cause de certains  détails compromettants pour le Chef du gouvernement. Le feuilleton a suscité un intérêt non seulement local mais aussi international étant donné l’importance que les partenaires techniques  et financiers attachent à la lutte contre la corruption. Bien entendu, le fait qu’un éminent membre du gouvernement soit éclaboussé dans un tel scandale ne passe pas inaperçu et provoque toujours des réactions en chaîne dans les traitements des aides financières destinées au budget de l’Etat. Le lièvre que des inspecteurs d’Etat à Ambohimahamasina au lieu de calmer le jeu n’a fait que compliquer davantage les relations avec les bailleurs de fonds déjà suffisamment irrités par les nombreux errements budgétaires d’une mauvaise gouvernance trop flagrante. Aux yeux de tous, le retour de manivelle qui avait sanctionné les limiers de l’Inspection Générale de l’Etat  a été perçu comme une insulte aux bons fonctionnements des organes de contrôles. Les choses n’auraient pas connu les rebondissements actuels, mais comme le Premier ministre Mahafaly Olivier a fait preuve ces derniers temps d’une arrogance irritante pour tous, quelque part on a décidé de mettre un holà aux agissements  arbitraires et combien illicites d’un ministre cumulard dont le nom est toujours mêlé à de sales histoires de gros sous au profit d’opérateurs économiques pas toujours réglos, souvent  trempés dans combines passibles de poursuites pénales, mais couvertes par des protections en haut-lieu.

Pour ce qui concerne, Claudine Razaimamonjy, il  serait trop tôt pour l’accabler sur quoi que ce soit, mais il faut bien admettre aussi que l’absence de discrétion dans son entourage qui se vante de  bénéficier des relations avec telles ou telles personnalités du premier cercle, cette fois-ci a joué un mauvais tour à un femme d’affaires qui a su faire valoir efficacité ses relations avec le milieu des décideurs au niveau étatique aussi bien que dans les arcanes des administrations. Elle n’est ni la première et ne sera pas la dernière à cueillir avec succès les bienfaits des petits et grands cadeaux offerts à des ministres et épouses de  ces derniers. Les performances financières de la dame ne datent pas d’aujourd’hui. Du temps du Premier ministre  Rabemananjara sous Marc Ravalomanana, sa surface financière faisait déjà parler d’elle…en bien comme en mal. Sous la transition, les milieux financiers du régime avaient permis aux entreprises de celle-ci de prospérer dans des conditions qui provoquaient, il faut le reconnaître la jalousie de la concurrence. Puis, l’avènement du parti présidentiel HVM  a fait d’elle une célébrité qui dérange à cause surtout de la facilité qu’elle avait pour mettre de son côté tous les  atouts politiques, politiciens et autres. Combien de fois au sein même de l’entourage du président Hery Rajaonarimampianina, on avait tenté les coups des crocs en jambe, sans  succès. Une légende autour de sa fortune a fait aussi d’elle la femme à abattre, surtout qu’on n’hésitait pas à lier son nom à des faits et les actes  sordides. Bref, si cette interpellation aux contours trop brumeux pour le moment est un véritable exploit pour couronner les efforts de Bianco dans sa lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics,  bravo ! Mais il se trouve que l’opinion voit très mal qu’on s’en prend ainsi à Claude Razaimamonjy alors que les donneurs d’ordre, les  facilitateurs hauts placés, ne sont ni inquiétés ni même concernés. Sur ce point, tous regards se tournent vers le Palais de Mahazoarivo et aussi  d’Iavoloha. On trouve même injuste qu’on s’occupe de la sorte de cette dame  alors dans l’entourage immédiat du président de la République, dans les milieux des affaires et de la haute finance de la capitale l’enrichissement illicite touche presque tous les grands noms de la capitale. Serait-ce pour faire de l’affaire Claudine aux yeux de l’opinion et de la communauté internationale, un arbre qui cache la forêt de compromissions auxquelles aucun de ces grands milliardaires et les co-auteurs dans l’administration ne peuvent se disculper ? Les enquêteurs de Bianco veulent des noms ? Il suffit d’ouvrir les pages des journaux et se demander ce que cachent toutes ces activités de camouflage qui cachent mal l’argent sale.

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