Changement climatique: Le fonds africain, un bon outil à prospecter
Le cyclone intense Enawo est parti depuis un mois, et pareil pour les autorités qui ont prêté main forte aux sinistrés. Mais qu’en est-il de la stratégie de relèvement post-cyclonique ou post-cataclysmes naturels ? Le pays a élaboré la stratégie nationale de gestion des risques et des catastrophes pour la période allant de 2016 à 2020. Mais outre les actions de prévention initiées auprès de la population et qui sont bien maîtrisées, la prévention doit aussi s’étendre sur d’autres secteurs. L’on peut citer les normes à respecter dans le domaine des infrastructures, des mécanismes de financement à créer ou encore l’intégration de l’atténuation et de la mitigation des aléas climatiques dans tous les secteurs. Sur le papier, certains de ces mécanismes existent. Mais ils ne sont guère mis en œuvre, alors que le pays est très exposé aux cyclones intenses et à d’autres effets désastreux du changement climatique. Dernièrement, le système des Nations unies a lancé un appel pour doter Madagascar d’une enveloppe de 20 millions de dollars. C’est pour l’aider à se relever des pertes et dégâts post-Enawo. Jusqu’ici, ce montant n’a pas été récolté dans sa totalité, alors que le pays ne dispose pas d’un mécanisme de financement pérenne pour le relèvement post-cataclysmes.
Or, des exemples de mécanismes existent déjà et devraient être étudiés. Citons le Fonds pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) créé à partir d’un capital multi-bailleurs placé sur des marchés financiers. Les fruits de ces placements financent l’entretien du réseau des aires protégées. Il y a aussi le Fonds d’entretien routier (FER) alimenté par la redevance routière perçue par les distributeurs pétroliers et versée dans la caisse du FER. Ces deux secteurs offrent ainsi des mécanismes que l’on pourrait étudier et adapter à un éventuel fonds pour le changement climatique. Tout est donc question de volonté politique. Mais si les dirigeants ne veulent pas se creuser les méninges, ils peuvent se tourner vers des mécanismes internationaux. Le Fonds pour le changement climatique en Afrique (FCCA) initié par la Banque africaine de développement (BAD) en fait partie. Ce fonds compte 8 projets en cours d’exécution dans 6 pays africains, à savoir le Mali, le Swaziland, le Kenya, le Cap-Vert, Zanzibar en Tanzanie et la Côte d’Ivoire. Ces projets aident à renforcer la capacité des institutions à accéder et à gérer les financements climatiques et à développer des projets et programmes significatifs.
De plus, le financement FCCA peut ouvrir d’autres horizons financiers dont des sources de financement comme le Fonds vert pour le climat (FCV), le mécanisme financier de l’Organisation des nations unies rattaché à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Et il faut souligner que dernièrement, le FCCA vient d’intégrer deux nouveaux partenaires, l’Italie qui a apporté 4,7 millions d’euros et la Flandre (Belgique) pour 2 millions d’euros. Créé en 2014, ce fonds a reçu une dotation initiale de 4,725 millions d’euros du gouvernement allemand. Il est changé en fonds fiduciaire multi-donateurs le 15 mars dernier.
Fanjanarivo