Fin de l’impunité ou Mascarade bien élaboré ?
Cerveau de trafic illicite condamné, cas de corruption constaté, détournement de dénier public révélé au grand jour et népotisme dévoilé. Tels sont les faits marquants qui ont alimenté les actualités ces dernières jours. Devant tous ces faits, peut-on commencer à croire en la fin de l’impunité ?
Commençons d’abord par une affaire qui aurait dû être classée parmi les faits divers, mais qui a réussi à devenir, malgré elle, à faire beaucoup de vagues. C’est le cas de l’école privée La Croyance où une institutrice a été surprise en flagrant délit, en train de lyncher ouvertement l’un des écoliers. Avant de rentrer dans le débat du retour aux sévices corporels, une précision est à faire. L’institutrice en question n’est autre que la fille du Directeur de l’école. Habituellement, lorsque les enfants mal éduqués se retrouvent à travailler pour leur parents, ils se croient tout permis dans la société de ces derniers. Plus généralement, le népotisme, lorsqu’il ne s’établit pas sur de bonnes bases ne peut être que néfaste. Dans ce cas précis, il s’est soldé par une interdiction d’enseigner pour l’institutrice et un retrait d’autorisation d’ouverture du lycée et du préscolaire. Si l’on tire des leçons de ce cas précis, cela constituera la fin de l’impunité dans les cas de népotisme.
Autre cas également mis à jour, celui de centre immatriculateur de Madagascar, qui rentrait dans le cadre du passage aux permis et aux cartes grises biométriques, où la corruption régnait en maître. Résultat des courses, un contrôle plus strict a été effectué à ce niveau, entraînant même un nouveau report d’échéance dans la confection des permis de conduire. Toujours sur le volet de la corruption, et plus récemment cette fois, c’est l’arrestation de Claudine Razaimamonjy qui a fait l’objet d’une enquête du BIANCO. Selon les sources proches de l’affaire, l’arrestation de celle-ci fait suite à une affaire de détournement de denier public. Par ailleurs, étant sans doute encore habitué à l’impunité qui régnait dans le pays, Claudine Razaimamonjy aurait refusé par deux fois de répondre à une convocation. Si cette affaire a eu l’effet d’une bombe, c’est surtout parce que cette dame est l’une des personnes les plus proches du président de la République. Espérons que cette affaire ne soit pas laissée aux oubliettes ou qu’elle ne soit étouffée comme à l’accoutumée.
Une chose est sûre actuellement, c’est toute une vague de méfaits non punis qui sont révélés au grand jour. A ce rythme, tous les espoirs sont permis, car même au-delà de nos frontières, un homme considéré comme le cerveau d’un trafic illicite de bois de rose a été reconnu coupable d’avoir importé illégalement trente mille rondins de bois de rose.
Si tous les organes de justice, sous quelque forme que ce soit, veulent prouver leur indépendance, c’est le moment opportun pour le faire. En effet, face aux nombreuses doléances venant de partout, le pouvoir en place ne peut être que fragilisé devant de tels méfaits. A part la corruption et le trafic d’influence, il n’y a aucun motif valable pour que les auteurs de tels méfaits ne soient pas écroués. A qui le tour ?
Johan R.