EDITO: Rien que du cinéma ?
Surprise ! La nouvelle était d’autant plus surprenante que les uns et les autres se sont empressés de la balancer sur les réseaux sociaux avec ces deux questions : est-ce qu’on a réellement arrêté Claudine Razaimamonjy ? Et, pourquoi ?
A la première question, le Bianco a confirmé au cours de la conférence de presse qu’il a donnée, hier. Mais sur la seconde et toutes les autres que les journalistes ont légitimement posées en vue d’éclairer le public, rien n’a été dit. Aussi la réaction de l’opinion de lundi soir à la suite de l’arrestation demeure-t-elle plus que jamais d’actualit: est-ce du cinéma ?
L’interrogation est d’autant plus fondée que les précédentes affaires traitées par le Bianco et transmises à la chaîne pénale anti-corruption n’ont connu aucune suite. Très logiquement, on croit que l’affaire Claudine Razaimamonjy rejoindrait les autres qui ont mobilisées le Bianco.
Dans cette hypothèse, l’arrestation de la femme d’affaires propriétaire du complexe hôtelier A&C à Ivato et sponsor du candidat Hery Rajaonarimampianina lors de l’élection présidentielle de 2013 ne serait qu’une comédie. Un cinéma de série B qui viserait à faire croire que le chef de l’Etat s’est décidé à faire le ménage autour de lui
La suite nous dira si le président Rajaonarimampianinina a effectivement pris le chemin du changement auquel il s’est engagé le 25 janvier 2014 à Mahamasina. Dans ce cas, il démantèlerait pour de bon les manœuvres sordides visant à faire appliquer l’ACD malgré la position des bailleurs de fonds. Un positionnement franc et net du président Rajaonarimampianina réglerait cette affaire à moins que l’utilisation massive des journaux pro-gouvernementaux condamnant « l’ingérence » des bailleurs de fonds ne vise qu’à préparer l’opinion sur le déblocage de millions de dollars à titre de compensation de la société ATPMS pour non exécution d’un contrat dont personne ignore l’existence.
Un changement de cap du chef de l’Etat devrait aussi être suivi de sanctions contre les responsables malgaches de l’exportation illicite de plus de 30 000 rondins de bois de rose et saisis à Singapour en 2014. Sur twitter, l’ambassade des Etats-Unis souhaitent d’une manière officieuse que ces suites soient apportées par le gouvernement malgache. Refuserait-on de répondre à cette demande au nom de la souveraineté nationale ?
Toujours est-il qu’il n’y a pas que ces affaires. Il y a aussi,entre autres, celle de James Andrianalisoa, le monsieur que Hery Rajaonarimampîanina a ramené de Paris en 2012 pour servir de conseiller spécial quand l’actuel chef de l’Etat était nommé président du conseil d’administration d’Air Madagascar.
On connaît les factures de 900 euros par jour. Inutile aussi de s’appesantir sur l’annexe B dont la sortie était annoncée acquise dès 2015 alors qu’aucune programmation de visite des inspecteurs de l’Union européenne n’était définie qu’à la fin de cette année lors de l’élaboration du budget 2016. Idem pour les revendications du personnel d’Air Madagascar pour le limogeage de celui qu’il qualifiait avec d’autres personnalités, de fossoyeur de la compagnie nationale. La mise sous la clause de confidentialité des comptes de la société Aero Safety & Environment Consulting appartenant à James Andrianalisoa habilite la revendication des agents d’Air Madagascar. Cette clause date de 2014, au moment où M. Andrianlaisoa est nommé DG de l’ACM (aviation civile de Madagascar). Le président Rajaonarimampinaina l’ignore-t-il ou feint de l’ignorer ?
Sa