Contrôle technique des véhicules : plus de rigueur ne serait pas de trop !
Depuis quelques jours, nous n’avons pas entendu parler d’accidents corporels, voire mortels, dus à un problème technique de véhicule. Cela ne veut pourtant pas dire que la circulation sur tout le territoire national est bien sécurisé, bien au contraire. D’une certaine manière, on peut expliquer cette baisse d’accident par la prudence, plus qu’obligatoire, des conducteurs de véhicules. La raison : le manque de rigueur au niveau du service de contrôle technique de véhicule.
Si le contrôle technique des véhicules a été rendu obligatoire, c’est en partie pour veiller à ce que la circulation se fasse sans accroc. Mieux encore, le rôle primordial de ce service de contrôle routier est de faire en sorte que les véhicules respectent un minimum pour pouvoir circuler, et ce afin d’éviter des accidents. En effet, de tels dommages pourraient être irréversibles tant pour les biens que pour les personnes. Malheureusement, ce contrôle ne se fait pas dans les règles de l’art. Par conséquent, les accidents mortels, aussi bien sur les routes nationales que dans les rues des grandes villes, se ramassent à la pèle. Face ce genre de situation nous ne pouvons que pointer du doigt les agents de ce service qui font partie des plus corrompus des services publics.
La situation est telle qu’actuellement dans les grandes villes, et plus précisément dans la capitale, beaucoup trop de véhicules circulent sans pour autant être conformes aux règlementations en vigueur. Parmi les cas constatés, il y a les véhicules qui roulent de nuit alors que leurs feux ne peuvent éclairer à plus de deux mètres. D’autres, par exemple se servent d’essuie-glace de fortune, qui leur permettent à peine de voir la route. Au-dessus du lot, il reste ceux dont les pneus sont d’une usure telle qu’il est impensable de les voir encore circuler dans les rues de la ville. Le plus navrant, c’est qu’une grande partie de ces véhicules servent de transport en commun. Comment un véhicule quel qu’il soit peut-il encore circuler alors que cela saute aux yeux qu’il n’aurait jamais pu passer le contrôle technique ? Une seule réponse : la corruption.
Quand on sait comment les contrôles sont effectués au niveau de la visite technique, on comprend mieux. En fait, le véhicule n’a pas besoin d’être présenté. Seuls suffisent les papiers du véhicule et une certaine somme pour avoir le droit de circuler dans les rues de la capitale. Bien entendu, cette somme varie en fonction du véhicule. Le cours du jour est de dix mille ariary pour les voitures légères, de vingt mille ariary pour les véhicules tout terrain et les monospaces. Pour ce qui est des véhicules de transport en commun, la somme n’a pas été précisée car elle dépend du nombre de véhicule comprise dans le parc.
Dans sa belle lancée, le BIANCO devrait faire une descente inopinée au niveau des contrôles techniques d’Alarobia et d’Ambohitrakely pour mettre fin à cette pratique. Si les agents (ir)responsables qui estampillent les cartes de visites techniques ne sont pas suffisamment conscients, les sanctions devraient tomber. Cette mentalité est désolante, surtout dans la mesure où ce sont des vies humaines qui sont en jeu à chaque fois qu’un véhicule non conforme est autorisé à circuler. Qui va-t-on encore blâmer lorsqu’un accident mortel survient ?
Johan R.
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