Témoignage à la carrière de Didy: «C’est le Texas malgache !»

Maladies, crimes en tout genre, et climat d’insécurité sont devenus le quotidien de la commune de Didy et ses environs, depuis la découverte d’une carrière de saphir dans cette région vers la fin de l’année dernière. Un riverain raconte les conditions de vie dans un tel site minier. « C’est le Texas », s’exprime-t-il, en faisant référence à la vie régie par l’argent et les magouilles qui y règnent. Il n’existe aucune autorité officielle de régulation. C’est plutôt la loi du plus fort. A part les conditions d’insalubrité qui entraînent des maladies diverses, et l’absence de nourriture obligeant les foreurs venant de tous les horizons malgaches à apporter des provisions, le problème principal serait l’insécurité. Une dizaine de morts au moins ont déjà été rapportés depuis le début de la carrière. Pour cause, les sommes faramineuses qui y circulent transforment les miniers amateurs en bandits amateurs. « C’est comme dans les films », explique notre source, « si tu trouves un saphir, tu ne dois le dire à personne avant d’arriver dans une grande ville. Sinon, au pire tu te fais tuer, au mieux tu te fais arnaquer ». 10 grammes de saphir rapporte au moins dans les 20 millions Fmg, selon la qualité de la pierre. De temps à autre, des hélicoptères appartenant aux gros bonnets étrangers débarqueraient donc sur le site pour récolter les saphirs des petits mineurs. Les Sri-lankais seraient les plus nombreux, malgré que tous les continents sont actuellement représentés dans la carrière, selon notre source. Les autorisations pour la présence de ces trafiquants de pierres précieuses restent un mystère. Malgré tout cela, seul un petit nombre de personnes en profite, selon toujours notre source. Les autres subissent seulement les conditions de vie invivables. L’anarchie subsiste depuis maintenant six mois, sans que les hautes autorités n’interviennent de manière réelle.

Nomena E.


Comments are now closed for this entry