Bianco: Après Claudine, le Premier ministre ?
Olivier Solonandrasana Mahafaly fera-t-il aussi l’objet d’une garde à vue après celles de Claudine Razaimamonjy ? A tort ou à raison, le public s’attend logiquement à cette éventualité dans le sens où lorsque cette affaire relative à des travaux fictifs des communes rurales situées dans la région de Fianarantsoa d’où vient la femme d’affaires a éclaté, la responsabilité du ministère de l’Intérieur a été évoquée dans le sens où ce département assure la tutelle des communes dont les rurales à qui il a alloué des subventions spéciales pour différents travaux en 2014.
Lors des enquêtes menées par le Bianco auxquelles Claudine Razaimamonjy a refusé d’assister malgré les convocations officielles, un directeur du ministère de l’Intérieur était appelé et aucunement le ministre et à la fois Premier ministre Olivier Solonandarsana Mahafaly. La raison serait simple :le Premier ministre n’est justifiable que devant la haute cour de Justice.
Quelles que soient les déclarations de la propriétaire du complexe hôtelier mais aussi des autres personnes convoquées aux enquêteurs du Bianco, il serait donc erroné de s’attendre qu’après la femme d’affaires, le chef du gouvernement fasse aussi l’objet de poursuites judiciaires. La loi protège le Premier ministre. Mais à en croire certains commentaires dans le microcosme, tout ceci ne serait qu’un cinéma pour déloger le locataire de Mahazoarivo.
Ces commentaires se basent sur le fait que depuis quelques mois déjà, de fortes rumeurs circulaient sur un changement de gouvernement et du Premier ministre, la longévité d’une année des précédents habilitant les rumeurs. La raison principale serait de montrer au condamné que le chef de gouvernement était le principal responsable de son emprisonnement. En réalité, l’affaire Claudine Razaimlamonjy ne serait qu’une occasion pour déloger le Premier ministre. On ne sait cependant pas si le remplacement de l’actuel chef du gouvernement serait bénéfique au chef de l’Etat qui peinerait à trouver un ministre de l’Intérieur aussi zélé, aucun de l’entourage du chef de l’Etat ne connaissant par ailleurs les réalités politiques du pays.
En tout cas, la suite du déferrement de Mme Razaimamonjy, annoncé ce jour à la chaîne pénale anti-corruption, montrera si tout cela n’est qu’un cinéma pour blanchir Claudine Razaiùmamamonjy tout en habilitant la volonté du président Rajaonarimampianina de lutter contre la corruption ou si au contraire, le vent de changement est vraiment engagé. L’enjeu est particulièrement important mais en attendant ce que le chef de l’Etat va décider, le blason de la justice malgache est sérieusement écorné (lire notre éditorual en page 5).
Bafouant les règles élémentaires de la magistrature dont il fait pourtant partie, il exige la libération d’une pseudo inculpée en pleine enquête. Ses pairs, par l’intermédiaire du syndicat des magistrats, qualifient d’ailleurs cela d’« atteinte à l’indépendance de la justice » car la procédure était scrupuleusement respectée.
Si le garde des scéaux l’était littéralement mais pas phonétiquement, indiquent des citoyens, il aurait par exemple libéré Alain Ramaroson. Depuis 8 mois, ce leader du parti d’opposition Masters est détenu en prison pour un litige familial alors que la loi exige la libération d’un inculpé 6 mois après le placement en mandat de dépôt d’un inculpé si aucun procès n’est tenu.
La déclaration officielle de Charles Andriamiseza semble, en tout cas, encourager scandaleusement la justice populaire. Une voie qu’un certain Andriamandavy VII a prise pour défendre Claudine Razaimamonjy. Les gros qu’il a ramenés de Fianarantsoa se sont manifestés, hier, en jetant des pierres contre le siège du Bianco à Ambohibao. Ce monsieur est un sénateur nommé par Hery Rajaonarimampianina après avoir été des fidèles de Marc Ravalomanana, puis de Andry Rajoelina.
Sa