Air Madagascar: L’Etat ne paiera pas les dettes

Dans le cadre du partenariat stratégique entre Air Austral et Air Madagascar, l’Etat malgache en sa qualité de cédant s’est engagé à combler les dettes. Les parties ont donc convenu d’une garantie de passif qui est une garantie conventionnelle permettant de se prémunir contre un passif occulte, non déclaré ou non révélé. Après la cession de ses actions, l’Etat est désormais responsable financièrement des dettes. En clair, Air Austral, qui a racheté les actions de l’Etat, laisse à ce dernier le soin de régler les dettes. Pour signer au plus vite le partenariat stratégique entre les deux compagnies aériennes, l’Etat a promis de payer les dettes. Oui, mais avec quel argent puisque les caisses sont vides ? L’Etat malgache n’a pas les moyens de régler le passif laissé par Air Madagascar vis-à-vis des banques, des assurances Aro et Ny Havana et des fournisseurs et prestataires de service. L’Etat malgache, beau parleur, a promis d’épurer les dettes mais l’Etat malgache, mauvais payeur, ne règlera rien. Il n’est même pas capable de rembourser le crédit de TVA des entreprises. En admettant qu’il trouve un financement, sa signature d’engagement de remboursement ne vaut rien. De toute façon, ce règlement des dettes d’Air Madagascar par l’Etat n’est pas pour aujourd’hui puisqu’il n’est pas prévu dans la Loi de Finances en cours. Le régime actuel va s’arranger pour refiler la patate chaude au régime suivant qui fera de même avec le régime d’après. A grand renfort d’interventions diplomatiques, certains fournisseurs et prestataires étrangers seront payés dans plusieurs mois ou plusieurs années tandis les fournisseurs et prestataires malgaches n’auront que leurs yeux pour pleurer. Ces derniers, tout comme les salariés d’Air Madagascar, seront les dindons de la farce. En effet, la gestion de l’endettement d’Air Madagascar n’est plus le problème d’Air Austral mais ce sera une excuse pour réduire les coûts, et en particulier les coûts de personnel.

PN

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