CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Les dessous d’une détention préventive pas comme les autres

Les déroulements de la procédure d’enquête judiciaire concernant Claudine Razaimamonjy ont eu lieu dans le respect le plus total des textes de la loi jusqu’à l’heure où les juges de la Chaîne Pénale Anti-Corruption décident de placer en détention préventive la personne suspectée de plusieurs cas de violation de la loi. A partir du moment où la dame a été embarquée dans une ambulance pour rejoindre l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, les constatations des observateurs se perdent en conjectures. La suite de l’exécution d’un mandat de dépôt au nom de cette personnalité à qui les barons du parti HVM accordent encore et toujours, malgré tout une sympathie partisane visiblement partisane,  a pris une tournure assez inattendue.

Sans attendre les Nicole, les  Henry Rabary-Njaka et d’autres personnalités se rendent au chevet de Claudine pour soutenir celle-ci dans  cette mauvaise passe. Alors que selon la loi, une correspondance irrégulière ou tout contact avec une personne détenue est soumis à des obligations précises, à défaut du respect desquelles les visiteurs concernés sont en infraction vis-à-vis des textes régissant la détention d’une personne. Apparemment personne ne s’en est soucié. La visite nocturne a eu lieu comme si de rien n’était. Ils ne ratent aucune occasion pour manifester publiquement leur solidarité envers celle qui après un bref séjour à Ampefiloha, le temps de mettre au point les détails d’une évacuation sanitaire, a quitté le territoire national. La surprise a été totale pour tous. Même dans le milieu judiciaire, le départ incognito de cette personne en principe sous le coup d’un emprisonnement a créé un certain remous. Conduit dans un établissement dans un souci humanitaire au nom du respect des droits fondamentaux et du principe de la présomption d’innocence, elle est soumise à des conditions particulières propres à tous les détenus. En l’absence des détails qui justifient la nécessité de l’expédition de la personne présumée  malade, abattue et très « mal en point », l’opinion échafaudait les spéculations les plus fantaisistes et cyniques au point de considérer l’absence de Claudine Razaimamonjy comme le résultat d’on ne  sait quel subterfuge destiné à la mettre le plus loin possible de la porte d’une prison.

Les syndicalistes de la Magistrature eux-mêmes n’ont pas manqué de manifester une méfiance certaine à l’endroit de la démarche et des détails de l’exécution de ce départ vers l’étranger. Surtout que de source sûre, des confidences font état de l’existence des deux interdictions de sortie du territoire (la fameuse IST) concernant la propriétaire du complexe hôtelier A & C. La dernière serait datée du 6 avril 2017.   C’est justement là le  hic…La grande question est savoir quelle est la raison principale d’une telle hâte pour envoyer l’auteur principal présumé d’une affaire qui risque de porter atteinte à l’honorabilité de plusieurs personnalités  de très haut niveau ? Serait-ce pour éloigner celle-ci de l’œil du cyclone qui est en train de secouer les fondements mêmes du parti présidentiel HVM ?  Les côtés obscurs et les dessous de l’application de ce mandat de dépôt qui fait  jaser actuellement tout le pays et le paysage politique de l’île une fois de plus viennent de donner une image très négative de la gouvernance en général et du système étatique en particulier. Aux yeux du reste du monde, les fonctionnements défectueux de tout l’appareil administratif furent mis à nu à cause d’un favoritisme flagrant. Il est indéniable que lorsque la vie d’une personne est en danger,  vu l’urgence, il arrive qu’on saute des étapes des procédures normales, mais dans le contexte actuel des contours réels de l’affaire concernant Claudine Razaimamonjy, le strict respect des démarches obligatoires méritent d’être respecté sous peine de prêter flanc aux soupçons  justifiées du commun des mortels qui sait trop bien que pour l’obtention d’une évacuation sanitaire, c’est la croix et la bannière à cause des tracasseries administratives qui vont avec. Alors  que cette fois-ci,  on avait agi avec une diligence telle que les bonnes  dispositions de tous ceux qui ont facilité l’opération d’évacuation incitent à la méfiance. Parce que justement les simples gens ne font plus confiance à leurs dirigeants. Des précédents pas très rassurants empêchent les simples citoyens de faire désormais preuve d’une crédulité aveugle.

Quoi qu’il en soit, dans les coulisses du pouvoir, c’est la panique à tous les étages. Les mauvaises langues racontent que  certains courtisans n’osent même plus faire acte de présence dans leurs bureaux au Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra. D’autres évitent de participer à des réjouissances familiales de peur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Les circonstances de  cette arrestation spectaculaire au cours d’un  match de basket-ball n’incitent plus guère les gens du pouvoir à se montrer en public. Pire, quelques  farceurs s’amusent à faire croire et répandre les rumeurs sur ne sait quel compte à rebours qui a déjà commencé…avec la chute  de Claudine. Qu’on le veuille ou non, le malheur de cette dame ne portera pas bonheur aux artisans internes de ce mauvais calcul tactique, un désastre programmé  pour le parti HVM. L’implosion n’est plus loin. Adieu les espoirs d’un second mandat ! Aucun  mouvements de rétablissement ne sera plus possible, le mal est fait. Sauf miracle…

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