Arrêtez de pleurnicher, on a le président qu’on mérite !
Egal à lui-même, Sareraka cet artiste engagé qui n’a pas sa langue dans sa poche, une fois de plus fait un mea culpa publiquement pour avoir contribué à l’élection de Hery Rajaonarimampianina. Pour le consoler, qu’il sache qu’il n’est pas le seul à regretter amèrement un choix qui, à la longue s’avère des plus catastrophiques. Les récents évènements diplomatiques et économiques, la série noire de bavures et autres incidents déplorables de ce premier trimestre de l’année sont suffisamment édifiants pour inciter les plus indulgents et benêts d‘entre les habitants de cette île à comprendre que les autorités de ce régime sont en train de les prendre pour des canards sauvages.
C’est comme si la proposition de déchéance lancée par les députés élus torpillée à temps par des hauts conseillers d’Ambohidahy n’était pas amplement éloquent pour montrer que la mauvaise gouvernance est maintenant un style adopté et pérenne, voilà qu’en haut-lieu on patauge de nouveau en plein dans l’arbitraire et l’absence de respect de l’Etat de droit. A l’heure où le pays a le plus besoin des organes institutionnels de contrôles tel que Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit fixé par décret pris en conseil de ministres, promulgué et publié dans le journal officiel, le même président de la République que les locataires de Tsimbazaza avait dénoncé devant une Haute Cour Constitutionnelle d’une partialité qui n’est plus à prouver, se permet de ne pas se conformer à la loi. Le décret n°2015-925 fixant l’organisation des élections des membres de cette institution stipule pourtant clairement en son article 20 que « la nomination des membres élus et désignés est constatée par du Président de la République, lequel doit être pris dans un délai de un mois à compter de la date de réception du dernier procès-verbal d’élection.» Lequel Procès-verbal est datée du 2 février 2017 lors de sa transmission à la Présidence. Etant donné, que la contestation évoquée par l’article 22 du décret cité n’a pas eu la suite espérée par les services juridiques aux ordres de la Présidence, et qu’il y avait omission de la part du Chef de l’Etat alors que toutes les conditions requises furent respectées, il y a violation flagrante de la loi la part de ce dernier. Ce n’est la première fois que le locataire d’Iavoloha s’adonne à un pareil manquement et c’est la raison pour laquelle il avait eu droit à cette motion de défiance des députés déterminés à mettre à nu l’insolence dédaigneuse d’un président qui ignore totalement la valeur de la parole donnée et d’une serment solennel d’investiture. Il avait ce jour-là promis monts et merveilles jusqu’à souhaiter que 2014 devait être «l’année de notre reprise économique et le tremplin de notre nouveau rêve ; qu’elle soit l’année où Madagascar redevient la Grande île de lumière et de prospérité. » Et dire qu’il s’était juré de faire valoir que « La crédibilité de notre lutte contre la corruption sera jugée à l’aune de notre exemplarité ; l’exigence de sécurité et de protection, car le peuple malgache n’a jamais été aussi démuni ; l’exigence d’ordre et d’autorité, car depuis trop longtemps, l’autorité de l’Etat est bafouée, sapée, privatisée au préjudice des plus vulnérables et des plus humbles. » Que dalle ! Coup sur coup, les pires activités et trafics prohibés hautement préjudiciables pour les intérêts supérieurs de la nation avaient permis aux courtisans et à tous les affairistes patentés de profiter des ressources et des deniers de l’Etat. Selon des analystes sérieux, le nouvel homme fort ne cherchait que «le contrôle des réseaux économiques, y compris ceux informels, pourvoyeurs de devises et donc d’une certaine force de frappe électorale. Cela passe entre autres par un démantèlement des figures de proue des anciens réseaux élitaires » en faisant usages «des tracasseries administratives et fiscales que permet le contrôle des institutions régaliennes, de mandats d’arrêts et d’interdictions de sortie du territoire. Ce démantèlement vise moins à casser l’entreprise économique de l’opérateur en question qu’à en récupérer le contrôle. » Les exploits de cette oligarchie étaient tellement scandaleux que même les engagements financiers des pays amis furent astucieusement gelés par les donateurs.
Obligé et contraint de s’adresser ailleurs, le régime va foncer tête baissée dans la nasse des opportunités douteuses des financements en dehors des partenaires institutionnels habituels. Dans l’opacité la plus totale des conditions prises en compte, lors de l’acceptation et la signature de ces accords douteux vis-à-vis de la balance commerciale et des intérêts vitaux de Madagascar par rapport à celle de la première puissance économique mondiale. A peine un mois après ces escapades de la mendicité durant lesquelles, les échos fiables de leurs pérégrinations en Asie font état des toutes ces braderies scandaleuses au détriment de nos ressources très enviées. Coïncidence ou pur hasard de conjonction d’évènements pas très honorables pour les dirigeants, une amie très fameuse du couple présidentiel est épinglée par les agents de la lutte anti-corruption dans des conditions assez spectaculaires agrémentées de rebondissements très accablants pour le premier cercle du pouvoir. L’affaire a fait tellement de bruits et l’objet d’une médiatisation à outrance que les observateurs lucides préfèrent ne pas en faire grands cas pour se consacrer plutôt aux terribles effets pervers, que ne manqueront pas de provoquer et d’entraîner ce mystérieux voyage en République de Chine Populaire. Les péripéties et les contours de ce buzz judiciaire ne trompent que ceux qui veulent bien. Les rôles et les démarches des figurants étaient trop grotesques pour être pris au sérieux. La ficelle était trop grosse. Comment se fait-il que Claudine Razaimamonjy, réputée être le sponsor officieux des locataires des Palais présidentiels, du parti HVM et partenaire avéré du Premier ministre Mahafaly Olivier se voit obligé d’assumer en solo les conséquences de toutes les casseroles puantes de la 4ème République alors que toutes les parties prenantes sont connues du grand public. Le président de la République lui-même pourrait difficilement tirer son épingle du jeu à cause des textes régissant les pratiques des engagements budgétaires en vigueur à propos des autorisations des liquidations des dépenses publiques à partir d’une certaine somme… Si, après ce mandat de dépôt virtuel, un jour Claudine tombe définitivement devant les tribunaux, elle ne manquera d’entraîner dans sa chute tout un cortège de personnalités de premier plan. Qu’on ait facilité son exil par évacuation sanitaire, n’étonne plus personne dans ce cas. Ceci explique cela… Sans être conscient de la portée de ce qu’il disait, à Toamasina en demandant à l’auditoire « une minute de silence » à l’intention de celle qui n’est encore que « gravement malade », à quoi pensait-il exactement le ministre d’Etat Rivo Rakotovao ? Lapsus mal placé ou souhait inavoué et surtout inavouable ? Le mal est fait…En tout cas, il faut envisager de changer de président avant ou après 2018 !